Le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Murat Karayılan, prononce un discours le 25 avril 2013 dans la montagne de Qandil, quartier général du PKK dans le nord de l'Irak. Les rebelles kurdes avaient annoncé qu'ils commenceraient le 8 mai 2013 à se retirer de Turquie vers leur refuge du nord de l'Irak dans le cadre d'une initiative de paix entre Ankara et le mouvement rebelle. PHOTO AFP STR / AFP PHOTO / -
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Une figure de haut rang du PKK juge la nouvelle loi turque sur le processus de paix trop restrictive

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Par Bosphorama

Publié le

Les points importants

  • Critique de la loi : La nouvelle loi ne mentionne ni les Kurdes ni la démocratie, réduisant le problème au seul dépôt des armes.
  • Condition d’Öcalan : Karayılan exige la participation directe d’Öcalan pour que les militants du PKK déposent les armes.
  • Volonté de paix : Le PKK se dit prêt à passer du terrain militaire au terrain politique si les conditions sont réunies.

Une figure de haut rang du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation interdite, a critiqué la portée de la première loi adoptée dans le cadre du renouveau du processus de paix kurde en Turquie, estimant que son focus étroit sur le dépôt des armes ne peut résoudre la question kurde vieille de plusieurs décennies, a rapporté le quotidien BirGün.

La question kurde, terme courant dans le débat public turc, renvoie à la revendication d’égalité des droits par la population kurde du pays et à sa lutte pour la reconnaissance.

Murat Karayılan, l’un des dirigeants du PKK, a déclaré dans un message vidéo en kurde que la loi en 12 articles sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale ne répond ni aux revendications kurdes ni aux questions de démocratisation.

Cette législation, approuvée par le Parlement le 10 août par 468 voix contre 88 et 6 abstentions, constitue la première étape législative d’un processus visant à mettre fin à plus de quatre décennies de conflit entre l’État turc et le PKK.

Elle suspend les poursuites et les peines d’emprisonnement pour certains membres du PKK qui déposent les armes, leur permettant de retourner à la vie civile, mais ne prévoit pas d’amnistie générale.

Les poursuites et les peines d’emprisonnement pour certaines infractions peuvent être suspendues pour des périodes allant de cinq à dix ans, tandis que les personnes condamnées pour des infractions telles que l’homicide intentionnel sont exclues.

« Le mot “kurde” n’y figure même pas. Il n’est nullement question de démocratie », a déclaré Karayılan.

Il a affirmé que les préoccupations du peuple kurde ainsi que les vues du PKK et de son leader emprisonné Abdullah Öcalan avaient été largement ignorées, et a critiqué la législation pour avoir réduit le problème au dépôt des armes par les militants du PKK.

« Pourtant, c’est un problème majeur, vieux d’un siècle. L’approche est étroite et, sans aucun doute, une approche aussi étroite ne peut résoudre le problème », a-t-il déclaré.

Karayılan s’est interrogé sur les circonstances qui ont conduit à l’émergence de l’insurrection armée du PKK, estimant qu’une solution durable serait impossible sans s’attaquer à ses causes profondes.

Karayılan a déclaré qu’Öcalan doit pouvoir participer directement au processus si l’on attend des membres du PKK qu’ils désarment.

« J’ai déjà dit que tant que le Leader Apo restera en prison, je ne peux dire à personne de déposer les armes et de quitter l’organisation. Ma position n’a pas changé », a déclaré Karayılan, utilisant un nom couramment employé par les membres du PKK pour désigner Öcalan.

Il a toutefois indiqué que les membres du PKK pourraient être invités à abandonner la lutte armée si Öcalan pouvait les recevoir, les rencontrer et les convaincre de le faire.

« Nous sommes prêts à déplacer cela du terrain de la guerre et des armes vers le terrain de la politique et du droit », a déclaré Karayılan. « Nous voulons mettre fin à cette guerre, et c’est notre approche sincère. »

Bahçeli appelle à créer les conditions permettant à Öcalan de continuer à contribuer

Parallèlement, le chef du Parti d’action nationaliste (MHP), Devlet Bahçeli, dont l’initiative d’octobre 2024 a contribué à lancer le processus actuel, a déclaré qu’il fallait créer les conditions permettant à Öcalan de continuer à y contribuer.

Dans des propos publiés lundi par le journal pro-MHP Türkgün, Bahçeli a souligné que la nouvelle législation n’est pas une amnistie et n’annule pas les condamnations, ne modifie pas la qualification juridique des infractions ni n’élimine la responsabilité pénale.

Bahçeli a déclaré qu’Öcalan avait joué un rôle important dans la décision du PKK de se dissoudre et de déposer les armes grâce à son appel au groupe, et qu’il fallait désormais créer les conditions pour lui permettre de continuer à contribuer au processus.

Il a affirmé que l’objectif était de créer un environnement où la violence, le terrorisme et le séparatisme sont rejetés et où l’espace pour la politique démocratique est élargi.

Bahçeli a également nié que le processus ait impliqué des négociations ou des concessions secrètes.

« Il n’y a eu aucun marchandage secret ni aucune voie suivie à l’insu de nos citoyens », a déclaré Bahçeli, ajoutant que le processus avait été mené avec sensibilité, patience et détermination à renforcer l’unité nationale.

« Nous savons ce que nous faisons et où nous allons », a-t-il déclaré.

Öcalan a appelé le PKK en février 2025 à se dissoudre, à déposer les armes et à poursuivre les droits kurdes par des moyens politiques. Le groupe a annoncé sa dissolution en mai 2025, et ses membres ont commencé à détruire leurs armes lors d’une cérémonie dans le nord de l’Irak deux mois plus tard.

La nouvelle loi ne précise pas le sort d’Öcalan. Le vice-président Cevdet Yılmaz a déclaré peu avant son adoption que le cas d’Öcalan ne relevait pas du champ d’application de la législation, tout en indiquant que le fondateur emprisonné du PKK pourrait continuer à contribuer au processus de paix.

Le PKK, désigné comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux, a lancé une campagne armée contre l’État turc en 1984. Le conflit a fait plus de 40 000 morts.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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