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21 nouvelles interpellations dans une municipalité du sud dans la répression ciblant le principal parti d’opposition

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Par Bosphorama

Publié le

Les autorités turques ont interpellé 21 personnes supplémentaires dans la municipalité du district de Manavgat, dans le sud de la Turquie, dans le cadre d’une répression continue visant les municipalités dirigées par le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a rapporté la chaîne publique TRT Haber.

Les procureurs d’Antalya ont ordonné la détention de 21 suspects dans le cadre d’une enquête en cours sur l’ancienne administration de la municipalité de Manavgat.

Les interpellés comprennent des employés municipaux, des opérateurs touristiques, des entrepreneurs et des hommes d’affaires. L’enquête porte sur des allégations de corruption, d’extorsion et de constitution d’une organisation criminelle.

L’affaire est en cours depuis 2025, lorsque l’ancien maire Şükrü Sözen et son frère ont été arrêtés pour des accusations incluant corruption, détournement de fonds, truquage d’appels d’offres et blanchiment d’argent. D’importantes sommes d’argent liquide et des objets de valeur avaient été saisis lors des perquisitions de l’époque.

Les opérations ultérieures ont conduit à plusieurs vagues d’interpellations et d’arrestations, incluant d’anciens maires adjoints et des dizaines de suspects. Dans une affaire distincte liée à la même municipalité, 43 personnes sont actuellement jugées, dont cinq en détention provisoire.

À Ataşehir, un district dirigé par le CHP sur la rive asiatique d’Istanbul, le maire Onursal Adıgüzel et 19 autres personnes ont été déférés devant le tribunal d’Anadolu à Istanbul après avoir été interpellés lors d’une opération nocturne le 18 avril dans le cadre d’une enquête pour corruption.

Les procureurs ont déclaré que l’enquête concernait des allégations selon lesquelles des responsables municipaux auraient accepté des pots-de-vin en lien avec des plans d’urbanisme, des permis de construire et des autorisations d’occupation à la municipalité d’Ataşehir.

Le procureur de la République en chef d’Anadolu à Istanbul a indiqué que l’enquête incluait des accusations de corruption, de truquage d’appels d’offres et de constitution d’une organisation criminelle, citant des rapports sur des crimes financiers, des enregistrements téléphoniques, des témoignages et des preuves techniques.

Parmi les personnes déférées devant le tribunal figurent les maires adjoints Birkan Birol Yıldız, Orhan Aydoğdu et Oğuz Kaya, ainsi que des chefs de service responsables des finances, de l’urbanisme et des licences, des employés municipaux et des personnes du secteur privé.

Suite aux interpellations du 18 avril, des membres et sympathisants du CHP se sont rassemblés devant le bâtiment municipal, tandis que des responsables du parti et des députés suivaient les développements.

Özgür Çelik, président provincial du CHP à Istanbul, a critiqué les restrictions imposées à l’accès à un avocat, affirmant que certains interpellés n’avaient pas pu rencontrer leurs avocats pendant des heures.

« Seize heures se sont écoulées, mais il y a encore des collègues qui n’ont même pas pu parler à leurs avocats », a-t-il déclaré, qualifiant la situation de « forme de persécution qui doit cesser immédiatement ».

Çelik a également remis en question le fondement des accusations, affirmant qu’il restait flou ce dont Adıgüzel était accusé et soutenant que les allégations liées aux marchés publics étaient infondées.

Murat Emir, vice-président du groupe parlementaire du CHP, a déclaré que l’opération équivalait à une attaque contre la volonté des électeurs, accusant les autorités de prendre pour cible des élus par des moyens judiciaires.

La police a également interpellé 29 personnes, dont du personnel municipal et le président provincial du CHP dans la province occidentale d’Uşak la veille, dans le cadre d’une enquête pour corruption visant la municipalité.

Ces derniers développements s’inscrivent dans une campagne plus large contre les municipalités dirigées par le CHP, qui s’est intensifiée après les gains du parti lors des élections locales de mars 2024.

La cible la plus en vue reste le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, dont le procès pour corruption a commencé en mars après près d’un an de détention provisoire.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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