76 personnalités turques rejettent une résolution « cosmétique » sur Gaza et exigent des sanctions contre Israël
Un groupe de 76 universitaires, écrivains, politiciens et militants turcs ont signé une déclaration critiquant une résolution récemment adoptée au parlement sur Gaza, la qualifiant de texte « cosmétique » qui n’impose pas de sanctions à Israël, a rapporté mardi le quotidien Karar.
Le parlement turc a adopté à l’unanimité vendredi une résolution condamnant Israël pour ses politiques d’occupation, de destruction et d’annexion qui, ces deux dernières années, se sont transformées en « génocide » à Gaza. Les députés ont exhorté les législatures du monde entier à faire pression sur leurs gouvernements pour mettre fin aux relations militaires et commerciales avec Israël, soutenir l’acheminement ininterrompu de l’aide humanitaire à Gaza et appuyer la création d’un État palestinien souverain basé sur les frontières de 1967. La résolution a également appelé à suspendre l’adhésion d’Israël aux organisations internationales jusqu’à ce qu’il mette fin à ce que les législateurs ont qualifié de génocide.
Selon Karar, des dizaines de signataires ont déclaré que « ce dont nous avons besoin n’est pas une résolution cosmétique mais une décision imposant des sanctions à Israël », appelant Ankara à suspendre le commerce et les accords avec Israël et à adopter des mesures punitives contraignantes.
« Depuis 22 mois, Israël commet un génocide et des crimes de guerre à Gaza, tandis que la Turquie ne va pas au-delà des condamnations. La résolution adoptée par le parlement n’est qu’une répétition des déclarations passées, sans aucune sanction », indique la déclaration.
Les signataires ont également critiqué les partis d’opposition pour avoir soutenu la résolution, affirmant que leur soutien au texte équivaut à approuver « l’indifférence » du gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) face à l’aggravation de la catastrophe humanitaire dans l’enclave palestinienne.
Déclarant rejeter une résolution qui encouragerait Israël et perpétuerait le massacre en Palestine, les signataires ont exhorté à la fois l’AKP au pouvoir et les partis d’opposition à agir.
« Le gouvernement doit cesser de tergiverser, et l’opposition doit transformer ses paroles en tribune en décisions contraignantes. Le commerce, l’espace aérien et les accords avec Israël doivent être suspendus et toutes sortes de sanctions mises en œuvre », ont-ils déclaré.
Parmi les signataires figuraient l’ancien ministre de la Culture Ertuğrul Günay, la sociologue et écrivaine Oya Baydar, le célèbre militant écologiste Ömer Madra, l’ancienne ministre Nesrin Nas, le théologien islamique İhsan Eliaçık et l’écrivain Ümit Aktaş.
Ces développements interviennent dans un contexte d’aggravation de la crise humanitaire à Gaza. Le 22 août, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, un organisme international de surveillance, a déclaré l’état de famine dans certaines parties de Gaza City, signalant qu’un ménage sur cinq était confronté à des pénuries extrêmes entraînant malnutrition et décès. Selon les autorités sanitaires de Gaza, les forces israéliennes ont tué plus de 62 000 Palestiniens et blessé plus de 142 000 depuis le 7 octobre 2023, lorsque le Hamas a mené une attaque qui a fait 1 206 morts en Israël et environ 250 otages.
Deux grandes organisations israéliennes de défense des droits, B’Tselem et Physicians for Human Rights–Israel, ont rejoint le mois dernier des ONG internationales et des experts de l’ONU pour accuser Israël de génocide à Gaza, exhortant les gouvernements du monde entier à agir.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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