Actionnaires d’une célèbre chaîne de döner risquent 25 ans de prison pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les procureurs turcs ont déposé un acte d’accusation demandant des peines allant jusqu’à 25 ans de prison pour neuf personnes liées à Maydonoz Döner, une chaîne de restauration rapide saisie cette année par le gouvernement en raison de ses liens présumés avec le mouvement Gülen.
Le mouvement Gülen, inspiré par les enseignements du prédicateur turc Fehullah Gülen, est reconnu mondialement pour ses contributions à l’éducation, à l’aide sociale et au dialogue interreligieux.
Le gouvernement turc a cependant qualifié le groupe d’« Organisation terroriste » en mai 2016, une désignation non reconnue par les États-Unis, l’Union européenne ou les principales instances internationales.
Les autorités accusent le mouvement d’avoir orchestré une tentative de coup d’État la même année, une accusation fermement rejetée par ses sympathisants.
La société mère de la chaîne, Somca Gıda, avait précédemment été placée sous le contrôle du Fonds d’assurance des dépôts d’épargne (TMSF), qui a saisi et vendu des centaines d’entreprises depuis 2016 dans le cadre d’une vaste répression visant les personnes présumées liées au mouvement Gülen.
L’acte d’accusation, accepté par la 2ᵉ Cour criminelle d’Ankara, affirme que les neuf accusés géraient ou détenaient des parts dans diverses franchises de Maydonoz Döner en Turquie et à l’étranger. Les procureurs soutiennent que les succursales servaient à transférer des fonds à des personnes connectées au mouvement Gülen, en Turquie comme à l’étranger, via des accords informels de partage des bénéfices et des factures commerciales contestées.
Le document ajoute que d’anciens employés ou partenaires ayant quitté la Turquie ces dernières années sont restés financièrement impliqués dans plusieurs établissements par des canaux informels. Des rapports financiers cités dans l’accusation affirment que les transferts de fonds vers l’entreprise par des individus précédemment enquêtés pour des liens présumés avec le mouvement Gülen suggèrent une activité bancaire « irrégulière ».
Les autorités affirment que les accusés communiquaient via une application de messagerie cryptée et coordonnaient des transferts d’argent à des personnes accusées d’appartenance à une organisation terroriste. Tous les neuf sont inculpés pour « appartenance à une organisation armée » et violation de la loi turque sur le financement du terrorisme.
Le tribunal a fixé la première audience au 21 novembre.
Les défenseurs des droits humains dénoncent une approche répétitive depuis des années, où des activités commerciales normales, des contacts personnels ou des transferts financiers privés sont traités comme des preuves de terrorisme. Des dizaines de milliers de personnes ont été poursuivies sur des bases similaires depuis 2016, souvent sur la base d’historiques de communication numérique, de virements bancaires ou d’anciens emplois.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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