(De gauche à droite, au premier rang) Le Premier ministre néerlandais Dick Schoof, le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte, le président américain Donald Trump, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président turc Recep Tayyip Erdoğan posent avec les dirigeants des pays de l'OTAN pour une photo de famille lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à La Haye, le 25 juin 2025. Les dirigeants de l'OTAN ont tenu un sommet de deux jours les 24 et 25 juin à La Haye. (Photo de Ben STANSALL / AFP)
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Comment l’OTAN tentera de satisfaire Trump au sommet d’Ankara

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Par Bosphorama

Publié le

Les points importants

  • Pression budgétaire : les alliés de l'OTAN multiplient les preuves de hausse des dépenses pour apaiser Trump.
  • Épée de Damoclès iranienne : l'Europe tente de désamorcer les critiques américaines sur le dossier iranien.
  • Hôte controversé : Erdoğan mise sur son palais et sa relation avec Trump pour redorer son blason.

Le président américain Donald Trump se joindra aux dirigeants de l’OTAN pour un sommet à Ankara la semaine prochaine, après avoir vivement critiqué leur réponse à sa guerre avec l’Iran.

Les alliés espèrent éviter un clash en Turquie en mettant en avant de nouvelles dépenses et des accords, et en multipliant les attentions.

Voici comment l’OTAN tentera de satisfaire l’humeur changeante du dirigeant américain :

Lui montrer l’argent

Un an après que Trump les a poussés à accepter d’augmenter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB, les alliés de l’OTAN chercheront à le convaincre qu’ils progressent.

Bien qu’ils aient jusqu’en 2035 pour atteindre l’objectif, le président américain voudra la preuve que l’Europe répond à son grief de longue date.

« L’idée est de montrer à Trump le succès qu’il a obtenu, et de lui faire reconnaître que tout le monde le remercie de les avoir poussés », a déclaré un diplomate de l’OTAN sous couvert d’anonymat.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, l’un des rares dirigeants européens encore en grâce auprès de Trump, a dévoilé l’argumentaire à la Maison-Blanche la semaine dernière.

Brandissant un graphique orné de l’inscription « LE TRILLION DE TRUMP » en lettres dorées, il a détaillé les dépenses européennes supplémentaires depuis la première prise de fonction de Trump en 2017.

« Voici votre preuve », a déclaré Rutte.

Mais si les budgets globaux augmentent, il existe des points faibles qui pourraient irriter Trump : trois pays, dont la République tchèque et la Slovénie, devraient passer sous le seuil des 2 % cette année.

Aider sur le dossier iranien ?

Bien que Trump ait conclu un accord préliminaire avec l’Iran, la situation reste volatile, et toute flambée pourrait encore éclipser le sommet.

Trump digère mal la réponse de l’Europe à la guerre, lorsque plusieurs pays ont restreint l’utilisation de leurs bases pour les forces américaines.

Pour montrer leur bonne volonté, la France et la Grande-Bretagne ont élaboré des plans pour une éventuelle mission dans le détroit d’Ormuz, et des pays ont rapproché des moyens, comme des dragueurs de mines, si nécessaire.

L’OTAN elle-même ne jouerait probablement qu’un rôle direct limité, mais le soutien européen pourrait tempérer les critiques de Trump.

« Le résultat dépendra de la situation autour de l’Iran à ce moment-là, ou de la rancœur persistante de Trump qui estime ne pas avoir été aidé », a déclaré Ian Lesser du think tank German Marshall Fund.

L’art des accords

Au-delà des dépenses de défense phares, l’OTAN veut aussi montrer à Trump qu’elle transforme l’argent en capacités accrues.

Des diplomates et des responsables de l’OTAN indiquent que les pays ont été invités à retarder l’annonce de grands accords pour créer un plus grand effet à Ankara.

Des responsables affirment que des contrats de plusieurs milliards de dollars devraient être signés avec des entreprises américaines et européennes lors d’un forum parallèle.

Rutte tient à ce que Trump, connu pour son amour des accords spectaculaires, supervise personnellement cette manne commerciale.

« Européaniser » l’OTAN

Sous Trump, les États-Unis insistent sur le fait qu’ils veulent que l’Europe assume le rôle principal pour sa propre défense, Washington ayant déjà entamé une réduction de ses engagements.

Cela inclut des annonces de réductions des moyens mis à disposition des commandants de l’OTAN, et un réexamen de six mois des forces en Europe.

L’Europe reconnaît qu’elle a encore besoin du soutien américain, mais les dirigeants chercheront à montrer à Trump qu’ils intensifient leurs efforts pour rendre l’OTAN plus « européenne » en jouant un rôle plus important.

« Ce que les Européens font, c’est essayer d’accroître leur responsabilité, et en même temps de verrouiller autant que possible la présence américaine », a déclaré Maria Martisiute du Centre de politique européenne.

L’hôte turc aux petits soins

Trump s’est récemment heurté à une série de dirigeants européens, dont la dernière en date est l’Italienne Giorgia Meloni.

Mais heureusement pour l’OTAN, il semble toujours en bons termes avec le dirigeant turc vétéran Recep Tayyip Erdoğan.

« Sans le fait que cela se déroulait en Turquie, sous la présidence d’Erdoğan, je pense que je n’y serais pas allé », a déclaré Trump la semaine dernière.

Le lieu du sommet pourrait également séduire : le gigantesque palais présidentiel d’Erdoğan, tapissé de marbre.

Court et (si possible) agréable

Enfin, comme pour le sommet de l’année dernière à La Haye, l’OTAN maintient celui-ci court.

Trump arrive pour un dîner le 7 juillet avant que les dirigeants de l’OTAN ne tiennent une seule session formelle le lendemain, limitant ainsi les risques de controverse.

La barre du succès sera de toute façon basse.

« Pour un sommet réussi, je dirais que tout ce dont nous avons besoin, c’est que Trump ne s’oppose pas à l’OTAN, ne la critique pas ou ne sape pas son rôle », a déclaré Peter Bator, ancien ambassadeur de Slovaquie auprès de l’OTAN, à l’AFP.

« Nous avons besoin que Trump, au moins, se taise là-dessus. »

© Agence France-Presse

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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