Les États-Unis réprimandent Israël après une frappe sur une base aérienne syrienne liée aux plans militaires turcs
Les points importants
- Réprimande américaine : Les États-Unis ont condamné la frappe israélienne comme une escalade inutile et ont appelé au dialogue.
- Implication turque : La Turquie aide à restaurer la base et forme l'armée syrienne, ce qu'Israël perçoit comme une menace.
- Blocage américain : L'attaque a eu lieu malgré le refus de Trump d'autoriser des frappes israéliennes en Syrie, selon un reportage.
Les États-Unis ont réprimandé mardi Israël pour des frappes aériennes sur une base aérienne syrienne que la Turquie aidait apparemment à restaurer, avertissant que l’attaque risquait de déstabiliser la région.
L’ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, Tom Barrack, a qualifié les frappes sur la base aérienne d’Abou al-Duhour d’« escalade inutile » et a appelé au dialogue. Il a déclaré que le gouvernement du président Ahmed al-Charaa avait cherché une désescalade avec Israël.
Huit frappes israéliennes ont touché la piste et les installations de stockage mardi, causant des dégâts mais aucune victime, selon les médias d’État syriens.
Le ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a condamné les frappes comme un « acte d’agression injustifié » et une violation de la souveraineté syrienne, accusant Israël de menacer la stabilité régionale.
La base se trouve dans la province d’Idlib, à 70 kilomètres de la frontière turque. Une délégation militaire turque l’a inspectée lundi avant des réparations de la piste, a rapporté The New Arab. Des véhicules turcs y étaient garés pendant l’attaque.
La Turquie est devenue l’un des alliés de Damas depuis que les rebelles menés par al-Charaa ont renversé le président Bachar al-Assad en décembre 2024. Ankara forme l’armée syrienne et aide à reconstruire les institutions et les infrastructures.
Israël considère la reconstruction militaire syrienne et l’implication turque comme des menaces. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président Recep Tayyip Erdoğan contre des mesures qui pourraient renforcer les capacités militaires syriennes.
Israël a attaqué trois bases aériennes syriennes examinées pour d’éventuels déploiements turcs en avril 2025. Les pays ont ensuite ouvert des pourparlers en Azerbaïdjan pour éviter que leurs forces n’entrent en conflit en Syrie.
La frappe de mardi fait suite à un reportage de Channel 13 selon lequel le président américain Donald Trump avait bloqué une demande israélienne de frappes en Syrie en raison de l’influence croissante de la Turquie.
Barrack a rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, à Istanbul lundi, quelques heures avant les frappes, pour des discussions sur les développements régionaux, les sanctions restantes et la reconstruction de la Syrie, a indiqué le ministère syrien des Affaires étrangères.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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