(ARCHIVES) Sur cette photo prise le 1er décembre 2017, on voit le logo de la banque turque Halkbank à Istanbul. La Cour suprême des États-Unis entendra les arguments le 17 janvier 2023 dans le cadre d'un recours de Halkbank contre des accusations américaines de violation des sanctions contre l'Iran. La banque veut que la haute cour statue sur son argument selon lequel, en tant qu'établissement public, elle bénéficie de l'immunité en vertu de la loi américaine sur l'immunité des États souverains. OZAN KOSE / AFP
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Des sénateurs américains exigent des réponses sur l’accord entre Halkbank et la Turquie : rapport

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Par Bosphorama

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Un groupe de sénateurs démocrates américains remet en question la décision du ministère américain de la Justice de conclure un accord en mars avec Halkbank, la banque publique turque, pour clore une longue affaire criminelle concernant des violations présumées des sanctions contre l’Iran, rapporte Bloomberg.

Menés par le sénateur Adam Schiff, un démocrate représentant l’État de Californie, les législateurs ont envoyé une lettre mercredi au procureur général par intérim Todd Blanche demandant des détails sur l’accord de mars, qui permettrait à la banque d’éviter des poursuites pénales et des sanctions financières. L’accord est actuellement en cours d’examen par un juge fédéral.

Les sénateurs ont demandé si les procureurs avaient subi des pressions de la part du président Donald Trump ou d’autres responsables de l’administration et pourquoi l’accord n’oblige pas Halkbank à reconnaître ses torts ou à payer une amende.

« Le timing de cet accord, coïncidant avec le lancement par le président Trump d’une guerre contre l’Iran qu’il a justifiée en partie en citant l’histoire des attaques terroristes de l’Iran contre des citoyens américains, rend la décision du ministère encore plus incompréhensible », ont écrit les sénateurs.

Le ministère de la Justice n’a pas immédiatement commenté les préoccupations des législateurs.

L’accord proposé mettrait fin à une affaire qui a tendu les relations entre Washington et Ankara pendant des années. Selon ses termes, Halkbank s’engagerait à ne pas effectuer de transactions profitant à l’Iran et accepterait la surveillance d’un contrôleur indépendant pour garantir le respect des sanctions américaines et des règles de lutte contre le blanchiment d’argent.

Si la banque remplit ces conditions, les charges devraient être abandonnées. Aucune sanction financière n’est incluse dans l’accord.

Le procureur américain Jay Clayton a déclaré que l’accord soutient les efforts pour combattre le financement du terrorisme et restreindre le soutien financier au gouvernement iranien.

Halkbank a déclaré qu’elle ne reconnaît aucun tort mais s’attend à ce que l’accord résolve définitivement l’affaire.

L’affaire remonte à 2019, lorsque les procureurs américains ont inculpé la banque pour fraude, blanchiment d’argent et conspiration, l’accusant d’avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions grâce à un système complexe impliquant environ 20 milliards de dollars de revenus pétroliers et gaziers. Les fonds auraient été transférés via le système financier américain en utilisant des sociétés écrans et des transactions déguisées, y compris de faux contrats commerciaux alimentaires.

« Le système de contournement des sanctions, impliquant des milliards de dollars, était une bouée de sauvetage financière cruciale pour le régime iranien pendant les mêmes années où il menait des activités terroristes à grande échelle dans le monde, y compris l’enlèvement, la torture et le meurtre d’Américains », ont écrit les sénateurs.

Ils ont déclaré que l’accord avec Halkbank pourrait compromettre l’application des sanctions et priver les victimes du terrorisme de compensation.

Les poursuites étaient liées à des affaires antérieures impliquant le trader turco-iranien Reza Zarrab, qui a plaidé coupable en 2017 et a ensuite témoigné contre le dirigeant de Halkbank Mehmet Hakan Atilla. Atilla a été condamné en 2018 et a purgé une peine de prison aux États-Unis avant de retourner en Turquie.

L’affaire Halkbank a longtemps été une source de tension entre les deux alliés de l’OTAN. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a à plusieurs reprises critiqué les poursuites et avait précédemment exprimé l’espoir que le problème serait résolu.

La bataille judiciaire a également atteint la Cour suprême des États-Unis, qui a statué en 2023 que les entités publiques étrangères ne sont pas automatiquement immunisées contre les poursuites pénales, permettant à l’affaire de se poursuivre.

L’accord proposé intervient alors que les relations entre Washington et Ankara s’améliorent suite au retour de Trump à la présidence, éliminant potentiellement l’un des sujets les plus contentieux des relations bilatérales.

Les sénateurs ont demandé une réponse du ministère de la Justice avant le 30 avril.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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