Le président turc Recep Tayyip Erdoğan prononce un discours lors d'une réunion de groupe parlementaire à Ankara, le 18 juin 2025 (photo partagée via le compte X officiel de la Direction des communications de la présidence).
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Erdoğan condamne une caricature satirique comme une provocation et promet des poursuites judiciaires

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Par Bosphorama

Publié le

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a rejoint mardi les membres de son gouvernement pour condamner une récente caricature publiée par le magazine satirique LeMan, la qualifiant de « provocation ignoble » et d’ »incitation ouverte » déguisée en humour.

Le magazine a été critiqué en Turquie lundi soir en raison de son édition du 26 juin, qui aurait comporté une caricature du prophète Mahomet, une affirmation que le magazine dément.

Le dessin représentait deux figures âgées, l’une étiquetée « Mahomet » et l’autre « Moïse », se serrant la main en l’air au-dessus d’une zone de guerre. Selon LeMan, la caricature était destinée à être un message symbolique contre la guerre, et non une représentation du Prophète.

Erdoğan a déclaré dans un post sur X mardi que la caricature équivalait à un discours de haine et que les forces de l’ordre et la justice avaient déjà lancé des enquêtes. « Ceux qui agissent avec une telle insolence en répondront devant les tribunaux », a-t-il déclaré. « Nous suivrons ce processus de près. »

Le procureur général d’Istanbul a ordonné lundi soir la détention de plusieurs membres seniors de LeMan pour « insulte publique aux valeurs religieuses », conduisant à l’arrestation de quatre employés dans des conditions qui ont suscité l’indignation des défenseurs des droits humains pour violation de la présomption d’innocence et de la liberté de la presse.

Des images vidéo ont montré le personnel de LeMan arrêté de nuit, pieds nus, les mains menottées dans le dos et traînés dans les escaliers par la police.

Appelant les jeunes à rester calmes, Erdoğan a ajouté : « Personne dans ce pays ne sera autorisé à insulter nos valeurs sacrées sous quelque prétexte que ce soit. Je demande à notre jeunesse de ne pas laisser la colère obscurcir son jugement. »

Des forces anti-émeutes ont été déployées à Istanbul lundi alors que des centaines de personnes protestaient contre la publication.

Le magazine a catégoriquement nié les allégations, son rédacteur en chef déclarant à l’Agence France-Presse que l’image n’avait « rien à voir avec le prophète Mahomet ».

LeMan a également présenté ses excuses aux « lecteurs de bonne foi qui se sentent blessés » mais a défendu son travail et rejeté les allégations selon lesquelles la caricature représentait Mahomet.

« Le caricaturiste voulait représenter la justesse du peuple musulman opprimé en dépeignant un musulman tué par Israël, et il n’a jamais eu l’intention d’insulter les valeurs religieuses », a-t-il déclaré dans un communiqué sur X.

D’autres hauts responsables gouvernementaux ont rapidement condamné la caricature, la qualifiant de blasphème. Le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya a qualifié le dessin de « vile » et ses responsables de « sans vergogne », déclarant à plusieurs reprises qu’ils « paieront devant la loi ».

Le ministre de la Justice Yılmaz Tunç a soutenu les procédures judiciaires, citant l’article 216/3 du code pénal turc, qui criminalise « l’insulte publique aux valeurs religieuses ».

Le directeur des communications présidentielles Fahrettin Altun a qualifié la caricature de « provocation immorale » et a averti que la Turquie « ne permettra pas de telles attaques contre nos valeurs ».

Bien qu’il n’y ait pas d’interdiction dans le livre saint islamique, le Coran, la représentation du prophète Mahomet est considérée comme très offensante par la plupart des musulmans. Cette interdiction découle d’une découragement islamique plus large des représentations visuelles des êtres vivants, en particulier des prophètes, pour prévenir l’idolâtrie et maintenir le respect d’Allah et de ses messagers.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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