Erdoğan qualifie le mouvement Gülen de « virus que la Turquie n’a pas encore éradiqué »
Le président Recep Tayyip Erdoğan a décrit mardi le mouvement Gülen, d’inspiration religieuse, comme un « virus » que la Turquie n’a pas encore éradiqué, lors d’une cérémonie hommage aux victimes de la tentative de putsch du 15 juillet 2016.
Erdoğan s’est exprimé à la Direction des opérations spéciales d’Ankara, dans le district de Gölbaşı, lors d’un événement marquant le neuvième anniversaire du coup d’État. Il a qualifié le mouvement Gülen de « FETÖ », une étiquette utilisée par le gouvernement turc pour criminaliser cette initiative citoyenne mondiale en la présentant comme une « organisation terroriste ».
« Nous avons vaincu les traîtres lors des enquêtes de 2013 et le 15 juillet, mais nous n’avons pas encore complètement éliminé le virus FETÖ du corps national », a-t-il déclaré.
Plus de 250 personnes ont péri lors des événements de cette nuit, que le gouvernement présente comme une tentative d’officiers militaires pour renverser le pouvoir d’Erdoğan.
Erdoğan a immédiatement accusé le mouvement Gülen, dirigé par le prédicateur musulman Fethullah Gülen, d’avoir orchestré ce putsch avorté. Il ciblait déjà ce mouvement depuis les enquêtes pour corruption fin 2013 impliquant son cercle proche.
Gülen, qui vivait en exil volontaire aux États-Unis jusqu’à son décès en octobre 2024, a toujours nié toute implication dans les enquêtes pour corruption comme dans la tentative de coup d’État. Il avait réclamé une enquête internationale indépendante sur le putsch – demande jamais satisfaite.
Neuf ans après les faits, le gouvernement turc poursuit sa répression, visant non seulement les personnes accusées de participation directe au putsch, mais aussi l’ensemble des sympathisants du mouvement Gülen.
Erdoğan a promis de maintenir sa campagne contre le mouvement Gülen « à plein régime », affirmant que les autorités agiraient « sans relâche, sans erreur » jusqu’à ce que le mouvement ne représente plus ce qu’il qualifie de « menace ».
En Turquie, les discours de haine contre les sympathisants du mouvement Gülen sont désormais institutionnalisés. Erdoğan lui-même les a précédemment traités de « virus », « sangsues » et « terroristes indignes de vivre ». Le Stockholm Center for Freedom (SCF) a récemment documenté l’explosion de ces discours après la mort de Gülen, les médias publics intensifiant la déshumanisation de ses partisans.
Le rapport du SCF, « Déshumaniser un héritage : comment la mort de Fethullah Gülen a déclenché une campagne de haine dans la Turquie d’Erdoğan », révèle que les médias d’État propagent une rhétorique hostile pour justifier la persécution persistante des gülenistes. Il met en garde : cette déshumanisation a historiquement conduit à des crimes contre l’humanité, soulignant que le vocable « FETÖ » n’est pas qu’une étiquette, mais un outil de répression.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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