Erdoğan se dit prêt à discuter de la réouverture du séminaire de Halki après sa visite à la Maison Blanche
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est déclaré prêt à examiner la possible réouverture du séminaire de Halki, l’école de théologie orthodoxe grecque à Istanbul, suite à des entretiens avec le président américain Donald Trump à Washington, selon l’agence de presse étatique Anadolu.
Erdoğan a tenu ces propos aux journalistes lors de son vol retour vers la Turquie après avoir participé à l’Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine et rencontré Trump à la Maison Blanche jeudi.
Interrogé sur une éventuelle réouverture du séminaire, Erdoğan a répondu : « Nous sommes prêts à faire ce qui nous incombe sur cette question. À mon retour, j’aurai l’occasion d’en discuter avec le patriarche Bartholomée. »
Le séminaire de Halki, situé sur l’île de Heybeliada, a été fermé en 1971 après que le Parlement turc eut adopté une loi interdisant les établissements privés d’enseignement supérieur. Malgré de multiples critiques internationales et des assurances du gouvernement turc, le séminaire reste fermé, entravant la capacité de l’Église orthodoxe grecque à former son clergé localement.
Le patriarche œcuménique, chef spirituel des chrétiens orthodoxes dans le monde et lui-même diplômé de cette école, avait rencontré Trump en septembre et indiqué que le sort du séminaire figurait parmi les sujets abordés.
La journaliste Aslı Aydıntaşbaş a salué les déclarations d’Erdoğan, qualifiant la possible réouverture de « mesure tardive mais juste ».
« S’il existe une Direction des affaires religieuses financée par l’État, alors nos concitoyens chrétiens doivent aussi avoir le droit de former leurs prêtres. C’est une question d’égalité », a-t-elle écrit sur X.
Heybeliada Ruhnan Okulu’nun açılmasını yıllardır destekliyorum. Geç ama doğru adım. Diyanet varsa, Hristiyan vatandaşlarımızın da papaz yetiştirme hakkı olmalı. Bu bir eşitlik meselesi! https://t.co/L8hY8EGIyl
— asli aydintasbas (@asliaydintasbas) September 25, 2025
La réouverture du séminaire, un sujet particulièrement mis en lumière durant les efforts d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne depuis les années 1990, est revenue sur le devant de la scène l’an dernier après qu’Erdoğan eut déclaré dans une interview publiée par la presse grecque en mai 2024 que « des efforts étaient en cours » pour sa relance.
Un débat vieux de plusieurs décennies
Le séminaire de Halki, officiellement appelé École de théologie de Halki, a été fondé en 1844 et a formé pendant plus d’un siècle des générations de clergé orthodoxe, comptant près de 1 000 diplômés.
Depuis des décennies, sa réouverture est une revendication majeure du Patriarcat œcuménique, qui estime que le séminaire est vital tant pour la liberté religieuse en Turquie que pour répondre aux besoins mondiaux de l’Église orthodoxe en matière de clergé.
Les partisans de sa réouverture affirment que cela permettrait non seulement de maintenir la formation théologique orthodoxe, mais aussi de renforcer l’influence du patriarcat dans le monde orthodoxe. La question revient régulièrement dans les relations américano-turques, Washington exhortant Ankara à permettre au séminaire de retrouver son rôle de centre académique et spirituel majeur.
La situation du séminaire a également été mentionnée dans divers rapports sur le sujet, notamment dans les rapports annuels de la Commission européenne sur la Turquie, tandis que les États-Unis ont maintes fois demandé à la Turquie de respecter le droit à la liberté de religion et de rouvrir l’établissement.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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