Israël intercepte une flottille humanitaire près de la Crète et arrête 20 Turcs, suscitant la condamnation d’Ankara
Les forces navales israéliennes ont intercepté la flottille « Global Sumud » dans la nuit de mercredi à jeudi dans les eaux internationales près de l’île grecque de Crète, arrêtant plus de 170 militants, dont 20 citoyens turcs, lors d’une nouvelle tentative de briser le blocus maritime de Gaza.
La flottille, partie de Barcelone début avril, transportait de l’aide humanitaire et des militants de plusieurs pays. Les organisateurs affirment qu’Israël a encerclé les navires à plus de 500 milles nautiques de Gaza, à quelques milles seulement des eaux territoriales grecques.
Selon Novara Media, citant les organisateurs, l’intervention a débuté vers 23h locales alors que la flottille longeait la Grèce. Sur 57 bateaux, 22 auraient été arraisonnés et 35 se seraient échappés vers les eaux grecques. Environ 170 participants ont été emmenés vers Israël, tandis que d’autres seraient restés à la dérive après des avaries sur leurs moteurs et systèmes de navigation.
Plusieurs médias rapportent que les forces israéliennes ont employé des drones, du brouillage radio et des commandos armés lors de l’opération.
Les organisateurs dénoncent un « piège mortel prémédité », affirmant que des bateaux endommagés ont été abandonnés sur la trajectoire d’une tempête approchante. Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, a qualifié sur Instagram cette attaque en eaux internationales de « choc pour l’Europe ».
Le ministère turc des Affaires étrangères a condamné une « acte de piraterie » contre une mission civile humanitaire, violant selon lui le droit international et la liberté de navigation. Ankara appelle la communauté internationale à une réponse unie.
Le ministère de la Défense turc a souligné que cette intervention en eaux internationales – où la Turquie possède la plus longue côte méditerranéenne – menaçait aussi la sécurité maritime. Les forces armées turques auraient pris « toutes les mesures nécessaires » pour suivre la situation.
Özgür Özel, chef du parti d’opposition CHP, a fustigé un acte « hors-la-loi » contre « la conscience humaine » portant vivres et médicaments à Gaza. Il a critiqué l' »hypocrisie » du gouvernement Erdogan participant à des pourparlers de paix avec Israël tout en soutenant officiellement les Palestiniens.
Le ministre de la Justice Akın Gürlek a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de crimes contre l’humanité, rappelant qu’un procès était en cours en Turquie pour l’interception similaire de 2025. Un acte d’accusation visant 35 responsables israéliens réclame des peines allant jusqu’à 4 596 ans de prison.
Antécédents et parlementaires turcs interpellés
Cette opération fait suite à deux interceptions majeures en octobre 2025.
La première visait la flottille « Global Sumud » (40 bateaux) et aboutit à l’inculpation de Netanyahu. La seconde cibla « The Conscience », transportant trois députés turcs – Necmettin Çalışkan et Mehmet Atmaca (Parti de la Felicité) et Sema Silkin Ün (Parti du Futur) – ainsi que des médecins et journalistes. Tous furent finalement libérés et rapatriés via Bakou ou Amman.
L’opération près de la Crète constitue l’interception la plus éloignée jamais menée par Israël contre une flottille humanitaire à destination de Gaza.




