La colère monte face aux incendies qui ravagent la Turquie, dans l’inaction gouvernementale et le silence médiatique
Les incendies ravageant trois provinces turques ont provoqué une vague d’indignation populaire, les habitants dénonçant sur les réseaux sociaux ce qu’ils qualifient d’inaction gouvernementale et de black-out médiatique sur la catastrophe, rapporte le Stockholm Center for Freedom.
Les feux qui ont éclaté à İzmir, Manisa et Hatay depuis une semaine continuent de faire rage, les pompiers ne parvenant qu’à les contenir partiellement.
Plus de 50 000 personnes ont été évacuées à titre préventif dans ces trois provinces. Avec des vents violents entravant parfois l’utilisation des avions-citernes, environ 133 500 hectares de terres auraient déjà été dévastés.
Barış Atay, acteur et ancien député, a fustigé l’inefficacité des autorités, affirmant sur les réseaux sociaux que Hatay avait été « abandonnée » par le gouvernement.
« Les incendies durent depuis des jours. Des gens ont perdu leur maison, ça continue. Les citoyens crient leur détresse sans que cela ne devienne un sujet national », déplore l’internaute Önder Seren.
« Pourquoi aucun média n’en parle ? Pourquoi ce silence ? Nos maisons, nos forêts, nos poumons brûlent », s’insurge un habitant d’İzmir.
« Il est inacceptable que nous restions aussi impuissants et mal préparés face aux incendies depuis des années. Nos forêts, nos animaux, nos terres partent en fumée dans une indifférence insupportable », dénonce l’historienne Sema Soykan.
Un habitant de Hatay rappelle que la ville pansait à peine ses plaies du séisme du 6 février 2023 quand les flammes l’ont frappée à nouveau : « Nous l’avons vue détruite par les tremblements de terre, maintenant nous la regardons brûler. »
Les incendies sont récurrents lors des étés turcs de plus en plus chauds et secs. Chaque année, le gouvernement est critiqué pour son manque de préparation. L’été 2021 reste marqué par 137 feux ayant ravagé 30 provinces, révélant l’absence d’avions de lutte anti-incendie opérationnels – un aveu d’impuissance par le président Erdoğan.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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