Tülay Hatimoğulları, coprésidente du Parti DEM
Turquie•3 min de lecture

La coprésidente du parti pro-kurde exige l’arrêt de la répression contre les municipalités d’opposition

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Par Bosphorama

Publié le

La coprésidente du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM), pro-kurde, a exigé l’arrêt immédiat de la répression gouvernementale contre les municipalités tenues par l’opposition, qualifiant cette campagne de politiquement motivée et menaçant la paix, la démocratie et les libertés.

Les enquêtes visant les municipalités du Parti républicain du peuple (CHP) ont commencé en octobre 2024 avec l’arrestation du maire d’Esenyurt, Kemal Özer, avant de s’étendre à plusieurs districts d’Istanbul puis, plus récemment, à Adana et Adıyaman. La pression s’est intensifiée après la victoire écrasante du CHP aux élections locales de mars 2024, où le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir a subi sa pire défaite électorale en deux décennies, perdant le contrôle de villes-clés au profit de l’opposition.

« Cette vague [d’opérations] ciblant les municipalités d’opposition doit cesser immédiatement. Tous les maires actuellement en détention provisoire et ceux précédemment arrêtés doivent être libérés. La Turquie n’a pas d’autre option », a déclaré Tülay Hatimoğulları lors de la réunion de son groupe parlementaire mardi.

Évoquant les allégations de corruption utilisées pour justifier la plupart des récentes opérations, Hatimoğulları a proposé la création de commissions indépendantes pour enquêter sur toutes les municipalités et marchés publics, y compris ceux supervisés par les administrateurs nommés par le gouvernement, affirmant que la responsabilité devrait s’appliquer à tous.

« Si nous parlons [des idéaux] de paix, de démocratie et de liberté, alors ceux-ci doivent être mis en pratique », a-t-elle ajouté.

La répression de l’AKP contre l’opposition s’est intensifiée en mars avec l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, désigné candidat présidentiel du CHP le même jour, pour des accusations de corruption largement perçues comme politiquement motivées. Sa détention a provoqué des manifestations nationales, la plus grande vague de troubles en Turquie depuis les manifestations du parc Gezi en 2013.

Des dizaines de responsables du CHP et de nombreux maires sont actuellement incarcérés en attente de procès, trois autres maires du parti ayant été arrêtés lors de raids tôt le matin il y a quelques jours.

Dans le dernier chapitre de cette répression mardi, deux de ces maires ont fait l’objet de poursuites. Le maire métropolitain d’Adana, Zeydan Karalar, a été déféré devant le tribunal avec une demande d’incarcération, tandis que le maire d’Adıyaman, Abdurrahman Tutdere, a été libéré sous assignation à résidence dans le cadre de mesures de contrôle judiciaire.

Par ailleurs, le président du CHP à Istanbul, Özgür Çelik, a été convoqué pour témoigner dans le cadre d’une enquête sur des irrégularités présumées lors de l’élection de 2023 pour la direction provinciale du parti à Istanbul. Çelik, qui nie toute faute, a qualifié cette convocation de partie prenante d’une campagne plus large visant à étouffer le parti.

Les déclarations de Hatimoğulları interviennent alors que le DEM est critiqué pour ses réponses timides aux opérations visant les municipalités du CHP, en raison d’une coordination discrète avec le gouvernement ces derniers mois autour des efforts renouvelés pour mettre fin au conflit kurde vieux de plusieurs décennies.

Les critiques du parti pro-kurde revêtent une importance particulière dans un contexte de dégel politique fragile, après l’annonce en mai par le PKK de mettre fin à son insurrection armée – une décision qui aurait été facilitée en partie par des contacts indirects impliquant la direction du DEM.

Lors de son discours mardi, Hatimoğulları a également évoqué la cérémonie prévue cette semaine par le groupe militant, qui procédera symboliquement à la destruction d’armes. « Nous sommes au seuil de la paix », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Nous devons construire et maintenir la paix sur des fondements démocratiques. La voie vers la paix et la démocratie est ouverte – à condition que nous prenions des mesures concrètes lors de la cérémonie cette semaine et dans la période qui suivra pour amener ce pays à une paix véritable. »

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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