La Cour constitutionnelle lève l’interdiction de demandes d’indemnisation pour les fonctionnaires réintégrés après leur licenciement post-putsch
La Cour constitutionnelle turque a annulé une disposition légale empêchant les fonctionnaires licenciés par décret-loi durant l’état d’urgence déclaré après la tentative de coup d’État de 2016, puis réintégrés, de demander réparation pour préjudice.
Cette décision pourrait ouvrir la voie à des milliers de personnes injustement licenciées pour obtenir réparation.
L’arrêt de la Cour, publié lundi au Journal officiel, concerne le cadre juridique créé par les décrets-lois adoptés par le gouvernement durant les deux ans d’état d’urgence suivant la tentative de putsch du 15 juillet 2016. Ces décrets ont permis le licenciement sommaire de plus de 125 000 fonctionnaires, souvent sans décision de justice individuelle, sur la base d’accusations de liens avec des groupes interdits.
Une loi de 2018 intégrant et modifiant plusieurs décrets-lois interdisait explicitement aux fonctionnaires réintégrés par un décret ultérieur de demander une indemnisation. Le 22e tribunal administratif d’Ankara avait contesté cette disposition lors de l’examen d’un cas introduit par un employé réintégré réclamant des dommages non pécuniaires.
La Cour constitutionnelle a jugé cette clause inconstitutionnelle, invoquant l’article 40 de la Constitution turque garantissant le droit à un recours en cas de violation des droits et libertés. La Cour a souligné que la réintégration signifiait que les autorités avaient elles-mêmes reconnu l’absence de preuves de faute, admettant ainsi implicitement le caractère illégal du licenciement.
Cette décision fait écho à un précédent arrêt où la Cour avait annulé un obstacle similaire pour les employés réintégrés par une commission parlementaire plutôt que par décret. Dans les deux cas, la Cour a estimé que l’État doit indemniser les préjudices causés par les actes illégaux de ses agents, avec possibilité de se retourner contre les responsables.
Bien que l’état d’urgence ait officiellement pris fin en juillet 2018, les licenciements et leurs conséquences juridiques restent en vigueur, et les victimes continuent de réclamer réintégration et réparation. Le jugement de lundi pourrait influencer les procédures en cours et futures des personnes ayant retrouvé leur emploi mais s’étant vu refuser le droit à indemnisation en vertu de la disposition désormais annulée.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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