Des policiers portent le cercueil d'İlker Pehlivan, l'un des trois officiers tués lors d'une fusillade avec des suspects de l'EIIL pendant une descente à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie, le 29 décembre 2025.
Turquie•2 min de lecture

La libération d’un suspect de l’EIIL avant une fusillade meurtrière en Turquie suscite la colère

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Par Bosphorama

Publié le

Une fusillade entre la police turque et des suspects de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ayant coûté la vie à trois policiers a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Les critiques soulignent que des militants présumés avaient été précédemment arrêtés puis libérés, accusant les autorités de laxisme envers les membres de l’EIIL.

Les suspects de l’EIIL ont ouvert le feu lors d’une descente lundi, tuant trois policiers et en blessant neuf.

Les autorités ont indiqué que six militants, tous de nationalité turque, avaient été tués.

La polémique en ligne s’est concentrée sur le fait qu’au moins un des suspects tués lors de l’affrontement de lundi, identifié par les médias turcs comme Zafer Umutlu, avait précédemment été jugé dans une affaire liée à l’EIIL et acquitté. Le verdict motivé dans cette affaire a été rendu le même jour que la descente meurtrière, un détail qui a alimenté de vives critiques et des demandes de responsabilisation des juges et procureurs.

Le député Murat Emir du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) a estimé que la colère publique était justifiée, arguant que l’État a agi plus vite pour restreindre la couverture médiatique que pour expliquer comment des suspects aux liens présumés avec l’extrémisme sont restés libres. Dans un post sur X, Emir a critiqué la restriction de diffusion imposée pendant l’opération, affirmant que les préoccupations d’image primaient sur la transparence alors que des policiers étaient tués.

Le Conseil suprême de la radio et télévision (RTÜK) a annoncé une interdiction temporaire de diffusion liée à l’incident, une décision qui a suscité des critiques de journalistes et de défenseurs des droits.

Le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya a ensuite déclaré que 16 personnes avaient été arrêtées pour des publications « provocatrices » sur les réseaux sociaux concernant l’affrontement, ce qui a provoqué des critiques selon lesquelles la dissidence était réprimée plus vigoureusement que les réseaux militants.

L’indignation a également grandi après le partage de captures d’écran de publications passées attribuées à l’un des militants tués lors de la descente, montrant selon les utilisateurs des signes visibles de radicalisation ignorés. De nombreux posts soulignaient que ces contenus étaient publiquement accessibles et s’interrogeaient sur l’absence de réaction face à ces signaux d’alarme.

Durant l’ascension initiale de l’EIIL en Syrie et en Irak, Ankara avait été largement critiquée par les gouvernements occidentaux, chercheurs et figures de l’opposition turque pour des discours et politiques jugés inconstants ou trop lents à considérer l’EIIL comme une menace prioritaire, tandis que la Turquie se concentrait sur le gouvernement syrien et les groupes armés kurdes. Après des attaques de l’EIIL ayant tué des civils en Turquie, le gouvernement a adopté une ligne plus dure, lançant des raids répétés et rejoignant les efforts internationaux contre l’EIIL. Dans le même temps, des allégations persistantes de journalistes, groupes kurdes et analystes affirment que l’appareil d’État turc a parfois toléré ou indirectement facilité les réseaux de l’EIIL dans la région, et que des segments de l’establishment sécuritaire ont coopéré avec des figures liées à l’EIIL dans des opérations ciblant les forces kurdes.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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