La plus haute cour turque constate 76 violations de la liberté d’expression en six mois
Les points importants
- 76 violations en six mois : la liberté d’expression a été bafouée dans 76 affaires au premier semestre 2026, selon la Cour constitutionnelle turque.
- Près de 5 000 violations depuis 2012 : le nombre total de violations de la liberté d’expression atteint 4 972 depuis l’instauration des recours individuels.
- Répression persistante : journalistes, opposants et militants continuent d’être poursuivis sous des lois antiterroristes et de désinformation.
La Cour constitutionnelle turque a constaté que le droit à la liberté d’expression avait été violé dans 76 affaires au cours du premier semestre 2026, selon des statistiques judiciaires récemment publiées, qui s’ajoutent à un nombre croissant de décisions sur la liberté d’expression dans le pays.
La cour a reçu 29 605 recours individuels entre janvier et juin et a conclu 17 792 affaires durant la même période.
Un seul recours peut concerner plusieurs droits constitutionnels, ce qui signifie que le nombre de violations constatées ne correspond pas nécessairement au nombre d’affaires conclues. En excluant les violations du droit à être jugé dans un délai raisonnable, la cour a constaté au moins une violation d’un droit constitutionnel dans 485 recours au cours des six premiers mois de l’année.
Cette dernière décision porte à 4 972 le nombre total de violations de la liberté d’expression identifiées par la cour depuis l’instauration des recours individuels en 2012. Toutes catégories confondues, la cour a rendu 85 004 décisions de violation sur la même période.
La cour a également constaté 1 762 violations du droit de réunion et de manifestation, 1 227 violations de l’interdiction des mauvais traitements, 487 violations des droits syndicaux et 347 violations du droit à la vie.
Ces derniers chiffres interviennent alors que les journalistes, les hommes politiques, les défenseurs des droits humains et les utilisateurs des réseaux sociaux en Turquie continuent de faire l’objet d’enquêtes pénales et de poursuites pour leurs reportages, leurs déclarations publiques et leurs publications en ligne. Les organisations de défense de la presse et des droits estiment depuis longtemps que la législation antiterroriste, les dispositions sur la diffamation pénale et la loi sur la désinformation sont de plus en plus utilisées pour poursuivre les critiques et décourager la dissidence.
La Turquie a introduit le système de recours individuel devant la Cour constitutionnelle en 2012, qui permet aux citoyens de demander à la plus haute juridiction du pays d’examiner d’éventuelles violations des droits constitutionnels après avoir épuisé toutes les autres voies de recours internes. Ce mécanisme est devenu l’une des principales voies juridiques du pays pour contester les restrictions aux droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, la liberté de réunion et les garanties d’un procès équitable.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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