La Turquie a arrêté 77 personnes en 2 semaines d’opérations ciblant le mouvement Gülen : ministre
Le ministre turc de l’Intérieur Ali Yerlikaya a annoncé mardi que 77 personnes avaient été arrêtées lors d’opérations à l’échelle nationale au cours des deux dernières semaines dans le cadre d’une répression accrue contre le mouvement Gülen.
Ces arrestations s’inscrivent dans une vaste campagne de répression contre les partisans de Fethullah Gülen, un clerc islamique vivant en exil aux États-Unis jusqu’à son décès en octobre 2024. Le gouvernement turc accuse le mouvement Gülen d’avoir orchestré une tentative de coup d’État avortée le 15 juillet 2016, une accusation que le mouvement rejette catégoriquement. Gülen et ses partisans ont toujours nié toute implication dans le putsch ou tout lien avec le terrorisme.
Les arrestations ont eu lieu lors de raids dans 26 provinces, dont les grandes villes comme Istanbul, Ankara et Izmir. Selon la déclaration de Yerlikaya sur X, les personnes interpellées sont accusées d’avoir diffusé la propagande du mouvement Gülen sur les réseaux sociaux, d’être impliquées dans la « structure actuelle » du mouvement, d’avoir contacté des membres du mouvement via des cabines téléphoniques et d’avoir fait des dons à des organisations caritatives affiliées au mouvement Gülen. Les tribunaux turcs ont placé 56 des 77 personnes arrêtées en détention provisoire, a déclaré Yerlikaya.
Les soi-disant « enquêtes par cabine téléphonique » se fondent uniquement sur des relevés d’appels et non sur leur contenu. Les procureurs affirment que les membres du mouvement utilisaient les mêmes cabines téléphoniques pour se contacter successivement. Selon cette théorie, lorsqu’un membre présumé est identifié dans les logs d’appels, les personnes ayant passé ou reçu des appels immédiatement avant ou après sont également présumées coupables par association.
Autrefois salué par les dirigeants turcs pour ses contributions à l’éducation, à l’aide sociale et au dialogue interreligieux, le mouvement Gülen a été qualifié d’« organisation terroriste » par le gouvernement turc depuis mai 2016, une désignation non reconnue par les États-Unis, l’Union européenne ou les grandes instances internationales.
Les partisans du mouvement, également connus sous le nom de sympathisants Hizmet (Service), affirment être injustement pris pour cible dans une campagne de persécution politique visant à réduire au silence toute dissidence et à consolider le pouvoir. La purge post-coup de 2016 a vu des centaines de milliers de personnes faire l’objet d’enquêtes et des dizaines de milliers emprisonnées pour des accusations de terrorisme largement perçues comme motivées politiquement.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours pour plus de 24 000 personnes, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.
En plus des milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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