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La Turquie a ouvert plus de 1,1 million d’enquêtes pour insultes en 2024

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Par Bosphorama

Publié le

La Turquie a ouvert un total combiné de 1 166 583 enquêtes pour insultes en 2024, selon les données du ministère de la Justice divulguées au parlement cette semaine et rapportées par le quotidien Nefes.

En vertu de l’article 125 du Code pénal turc, « l’insulte » est un délit couvrant les paroles et gestes que les tribunaux considèrent comme portant atteinte à l’honneur ou à la dignité d’une personne. La loi qualifie spécifiquement les insultes visant les fonctionnaires et prévoit des peines plus lourdes lorsque l’insulte cible un agent public dans l’exercice de ses fonctions ou fait référence à des croyances religieuses ou politiques.

Le vice-ministre de la Justice Niyazi Acar a révélé ces chiffres lors des discussions sur le 11e Paquet de réforme judiciaire du gouvernement, en réponse à une question de Turan Taşkın Özer, député du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, concernant les enquêtes et poursuites pour insultes envers des agents publics.

Les données montrent 632 078 cas liés à des propos tenus en personne et 534 505 liés à des publications en ligne, que l’article 125 qualifie différemment.

Sur les 632 078 enquêtes pour insultes en personne, 231 657 ont donné lieu à des poursuites, aboutissant à 37 783 condamnations, 39 384 peines avec sursis et 40 911 acquittements.

Pour les insultes sur les réseaux sociaux, les procureurs ont ouvert 534 505 enquêtes, dont 60 276 ont conduit à des poursuites. Les tribunaux ont prononcé 11 161 condamnations et 10 088 peines avec sursis.

Des milliers de cas ciblent les critiques envers des agents publics

Parmi ces totaux, les chiffres du ministère révèlent un nombre important de cas ciblant les critiques envers des agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. Les procureurs ont engagé 57 808 enquêtes pour insultes en personne contre des agents publics liées à leur travail, avec 27 160 cas portés devant les tribunaux. Ces derniers ont prononcé 12 267 condamnations et 10 862 peines avec sursis.

Les critiques en ligne visant des agents publics ont déclenché 56 708 enquêtes, aboutissant à 12 248 poursuites, 2 191 condamnations et 6 731 peines avec sursis.

L’opposition critique le ministère pour avoir dissimulé des données

Özer a critiqué le ministère de la Justice pour avoir précédemment refusé de communiquer ces mêmes statistiques en réponse à des questions parlementaires officielles, affirmant que le ministère avait à plusieurs reprises prétendu que ces données n’existaient pas.

« Vous disposez de ces données, et nous avons soumis des questions parlementaires à plusieurs reprises, mais nous ne les recevons jamais », a déclaré Özer. « Maintenant, vous les présentez si bien ici. Pourquoi ne nous fournissez-vous pas ces informations par écrit et en détail ? »

Il a ajouté que le ministère avait précédemment indiqué aux parlementaires qu’il n’y avait « aucune statistique » et qu’il « ne conserve aucune statistique » sur les affaires d’insultes. Acar a répondu qu’il croyait que les données avaient été publiées mais qu’il vérifierait cette question.

Affaires impliquant des expressions religieuses et politiques

Le ministère a également publié des chiffres sur les affaires d’insultes impliquant des croyances religieuses ou politiques. Les procureurs ont ouvert 2 713 enquêtes en personne pour insultes visant les convictions religieuses ou politiques d’individus. Seulement 106 affaires ont été jugées, aboutissant à 13 condamnations.

Les insultes dirigées contre des valeurs religieuses ont conduit à environ 2 000 enquêtes, les tribunaux ayant condamné 364 prévenus. Dans ces affaires, les procureurs ont inculpé des individus pour avoir insulté une personne en référence à des valeurs considérées comme sacrées dans sa religion, une forme qualifiée de l’article 125 qui prévoit également une peine minimale plus élevée.

Les dispositions pénales turques sur les insultes ont suscité des critiques de la part des organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains, qui affirment qu’elles sont utilisées contre les journalistes, les militants et les citoyens ordinaires critiquant les responsables gouvernementaux.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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