La Turquie a saisi 14 milliards de dollars d’actifs liés au mouvement Gülen après la tentative de coup d’État, selon des données officielles
Les autorités turques ont saisi 784 entreprises d’une valeur totale de 42,3 milliards de livres turques à l’époque de leur reprise, soit environ 14 milliards de dollars en valeur 2016, dans le cadre d’une vaste répression contre le mouvement Gülen après un coup d’État avorté en 2016, selon de nouveaux chiffres publiés par l’agence de presse étatique Anadolu.
Plus de 250 personnes sont mortes lors des événements de la nuit du 15 juillet 2016, que le gouvernement a qualifiés de tentative de renversement du président Recep Tayyip Erdoğan par des officiers militaires.
Nous commémorons aujourd’hui le neuvième anniversaire de cette tentative de coup d’État.
Erdoğan a immédiatement accusé le mouvement Gülen, inspiré par le prédicateur musulman Fethullah Gülen, d’avoir orchestré ce putsch avorté.
Gülen, qui vivait en exil auto-imposé aux États-Unis jusqu’à son décès en octobre 2024, a fermement nié toute implication et réclamé une enquête internationale indépendante – une demande jamais satisfaite.
Depuis lors, le gouvernement turc mène une campagne agressive contre les membres réels ou supposés du mouvement, arrêtant plus de 100 000 personnes.
Les données d’Anadolu révèlent également la fermeture de 934 écoles, 109 foyers étudiants, 104 fondations, 1 125 associations, 15 universités et 19 syndicats pour leurs prétendus liens avec le mouvement. Les saisies ont été effectuées par le Fonds d’assurance des dépôts (TMSF), outil principal du gouvernement pour exproprier les entités liées à ce groupe religieux.
Outre les saisies d’entreprises, l’Unité de lutte contre la criminalité financière (MASAK) rapporte qu’à fin 2024, la Turquie a gelé les actifs de 703 personnes et demandé une coopération internationale pour cibler 241 autres à l’étranger. La valeur totale des actifs gelés s’élève à 5,5 milliards de livres turques, 2,45 millions de dollars, 282 000 euros et 106 grammes d’or, ainsi que 851 biens immobiliers, 66 véhicules, un yacht et 132 enregistrements commerciaux.
MASAK a également partagé des renseignements avec ses homologues étrangers concernant 559 personnes et entités légales pour démanteler les prétendus réseaux financiers du mouvement Gülen.
Si le gouvernement turque invoque une menace légitime pour la sécurité nationale, ses détracteurs dénoncent une répression politique visant à éradiquer tout un écosystème civil et économique lié au mouvement. Des ONG parlent de châtiment collectif, tandis que d’anciens officiels évoquent un « génocide » au vu de l’ampleur de la répression.
Depuis 2016, MASAK a transmis 83 091 dossiers d’analyse financière aux autorités judiciaires, impliquant plus de 324 000 personnes et entités.
Bien qu’Anadolu évoque 784 entreprises saisies pour 42,3 milliards de livres turques, l’InstitutDE estimait en 2023 la valeur totale des actifs saisis à 50 milliards de dollars. Ce chiffre inclurait non seulement les saisies post-2016, mais aussi les confiscations antérieures et des actifs hors gestion du TMSF. Le coût financier réel de la répression dépasse probablement les chiffres officiels récents.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




