La Turquie accuse la Grèce de violer un traité par son activité militaire sur une île proche de ses côtes
Les points importants
- Violation du traité : La visite du Premier ministre grec Mitsotakis et la présence d’un navire de guerre sur Kastellorizo contreviennent au statut démilitarisé garanti par le Traité de paix de Paris de 1947.
- Mise en garde d’Ankara : La Turquie affirme qu’elle ne tolérera aucune tentative de créer une situation de fait violant ce statut et appelle la Grèce à respecter ses obligations internationales.
- Contexte de tensions : Cette controverse s’inscrit dans le différend de longue date entre les deux voisins de l’OTAN concernant les frontières maritimes, l’espace aérien et la militarisation des îles de la mer Égée.
Le ministère turc de la Défense a déclaré que l’activité militaire grecque sur l’île de Kastellorizo, située à 2 kilomètres (1 mile) de la côte sud de la Turquie, violait le statut démilitarisé de l’île prévu par un traité de paix, après la visite du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis sur l’île et dans des avant-postes militaires voisins.
Le ministère a indiqué que la visite de Mitsotakis et ses contacts avec du personnel militaire sur Kastellorizo, ainsi que la présence d’un navire de guerre, étaient incompatibles avec le statut de l’île en vertu du Traité de paix de Paris de 1947. Il a précisé que la Turquie n’accepterait pas les tentatives visant à créer une situation de fait violant le statut démilitarisé de l’île.
Le ministère a affirmé que la Turquie soutenait les relations de bon voisinage et le dialogue avec la Grèce, mais qu’elle continuerait à protéger ses droits en vertu du droit international. Il a également appelé la Grèce à se conformer à ses obligations découlant des traités internationaux et à éviter toute activité incompatible avec le statut démilitarisé des îles.
Mitsotakis a visité Kastellorizo, connue sous le nom de Meis en Turquie, ainsi que les îlots voisins de Ro et Strongyli du 11 au 13 septembre. Le 12 septembre, il a visité des avant-postes militaires sur Ro et Strongyli, rencontré des membres des forces armées grecques et inspecté des installations.
La réponse turque est intervenue quelques jours après que le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré que la Turquie avait de « très sérieuses inquiétudes » concernant la militarisation des îles grecques au statut démilitarisé. Fidan a affirmé que les déploiements militaires sur ces îles constituaient une menace pour la sécurité de la Turquie et a exhorté la Grèce à respecter ses obligations conventionnelles.
Le ministère de la Défense a également précisé que la relocalisation de la 51e Brigade de commandos turque de Hozat, dans la province orientale de Tunceli, à Söke, dans la province occidentale d’Aydın, en face de l’île grecque de Samos, avait été approuvée en juin dans le cadre de changements basés sur les besoins opérationnels des forces armées turques. Cette précision indique que la décision précède de plusieurs mois la visite de Mitsotakis.
La relocalisation de la brigade avait attiré l’attention des médias turcs et grecs dans un contexte de tensions accrues concernant les déploiements militaires en mer Égée. Des rapports turcs évaluent les effectifs de l’unité à environ 2 004 commandos spécialisés.
Kastellorizo fait partie des îles du Dodécanèse, que l’Italie a cédées à la Grèce en vertu du Traité de paix de Paris de 1947. L’article 14 du traité stipule que les îles « seront et demeureront démilitarisées ». La Turquie affirme que cette disposition limite la présence militaire grecque sur les îles, tandis que la Grèce conteste l’interprétation turque des obligations juridiques applicables.
La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’OTAN, sont en désaccord de longue date sur les frontières maritimes, l’espace aérien et la militarisation des îles de la mer Égée. Ce différend touche également à Chypre, divisée depuis l’intervention turque de 1974 suite à un coup d’État soutenu par la Grèce.




