La Turquie accuse l’UE d’ignorer son statut de candidat dans son évaluation sécuritaire
Les points importants
- Accusation de partialité : La Turquie reproche à l’UE d’ignorer son statut de candidat et d’adopter une approche biaisée en Méditerranée orientale et à Chypre.
- Absence dans la section élargissement : Le document de l’UE ne mentionne pas la Turquie dans la partie consacrée à l’élargissement, mais l’évoque séparément dans la section sur la Méditerranée orientale.
- Critique du sommet de l’OTAN : Ankara accuse l’UE de tenter de minimiser l’importance du sommet de l’OTAN qu’elle a accueilli, où son rôle a été réaffirmé.
La Turquie a accusé vendredi l’UE d’ignorer son statut de candidat et d’adopter une approche partiale en Méditerranée orientale et à Chypre dans une nouvelle évaluation des menaces pesant sur le bloc.
La critique émane d’une déclaration du porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Öncü Keçeli, concernant le document « Common Understanding : The Threats and Challenges We Face : Assessment of the EU’s Strategic Environment ».
Keçeli a estimé que les références à la Turquie dans ce document étaient « dénuées d’une approche stratégique et équitable » et que l’absence de mention du pays comme candidat à l’adhésion montrait l’« incapacité de l’UE à développer une vision d’un avenir commun avec la Türkiye ».
Le ministère a indiqué que la date de publication était le 15 juillet. Le document de 20 pages est daté du 9 juillet et les archives du Conseil de l’Union européenne le mentionnent comme un point approuvé lors d’une réunion du 13 juillet.
L’évaluation examine l’environnement sécuritaire de l’UE, identifiant la Russie comme la menace la plus immédiate pour la sécurité européenne et la Chine comme un défi stratégique à long terme, tout en abordant les développements au Moyen-Orient, en mer Noire, en Méditerranée orientale et dans d’autres régions.
Dans sa section sur l’élargissement, le document indique que les pays candidats sont de plus en plus considérés comme des contributeurs à la sécurité et décrit les Balkans occidentaux, la Moldavie et l’Ukraine comme faisant partie de l’avenir de l’UE.
La Turquie, candidate à l’UE depuis 1999, n’est pas mentionnée dans cette section.
Le document aborde plutôt la Turquie dans une section distincte sur la Méditerranée orientale, où il indique que le développement d’une relation mutuellement bénéfique avec Ankara reste dans l’intérêt stratégique de l’UE.
Il appelle à faire progresser les relations de manière « progressive, proportionnée et réversible » et précise que l’engagement de la Turquie contribuerait à élargir la coopération.
L’évaluation lie également l’amélioration de la coopération UE-Turquie aux progrès des discussions de l’ONU sur Chypre et répète l’attente du bloc qu’Ankara s’engage en faveur de relations de bon voisinage, y compris en renonçant aux menaces de recours à la force.
Cette approche suit largement les conclusions adoptées par les dirigeants de l’UE en avril 2024, qui soutenaient une relation de coopération avec la Turquie tout en conditionnant un engagement accru à la conduite d’Ankara et aux progrès vers un règlement chypriote.
Keçeli a accusé l’UE de formuler des « allégations sans fondement » concernant la Méditerranée orientale, arguant que le langage employé montrait que le bloc restait sous l’influence d’une « compréhension partiale et déformée ».
L’évaluation de l’UE n’identifie aucune action spécifique de la Turquie comme une allégation. Elle décrit la Méditerranée orientale comme une région offrant à la fois des opportunités et des défis et appelle à une coopération régionale conforme au droit international et aux règles de l’UE.
Les différends entre la Turquie, la Grèce et la République de Chypre dans la région portent sur les frontières maritimes, les eaux territoriales, l’exploration énergétique et les revendications concurrentes sur les ressources offshore.
Keçeli a également accusé l’UE de tenter de minimiser l’importance du sommet de l’OTAN accueilli par Ankara les 7 et 8 juillet.
Le document a été rédigé d’une manière qui « cherche à occulter la réalité issue du sommet historique de l’OTAN à Ankara », où les alliés européens ont assumé davantage de responsabilités et où le « rôle indispensable de la Turquie a été réaffirmé », a déclaré Keçeli.
La déclaration du sommet indiquait que les alliés européens et le Canada prenaient davantage de responsabilités pour leur sécurité et avaient augmenté leurs investissements dans les besoins essentiels de défense de plus de 139 milliards de dollars en 2025.
La déclaration de six paragraphes ne caractérisait pas séparément le rôle de la Turquie comme indispensable, bien que les dirigeants de l’OTAN aient remercié Ankara d’avoir accueilli le sommet.
Keçeli a également imputé l’échec de la réunification de Chypre à la partie chypriote grecque. Chypre est divisée entre le sud chypriote grec et le nord chypriote turc depuis 1974.
Le porte-parole a cité le rejet par les Chypriotes grecs d’un plan de règlement de l’ONU en 2004 et a accusé les dirigeants chypriotes grecs d’avoir provoqué l’échec d’une conférence en Suisse en 2017 en adoptant « une position intransigeante ».
Les électeurs chypriotes turcs ont approuvé le plan de l’ONU lors de référendums séparés en 2004, tandis que les électeurs chypriotes grecs l’ont rejeté, empêchant l’accord d’entrer en vigueur.
La conférence de 2017 sur Chypre à Crans-Montana s’est achevée sans accord, mais le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a attribué la responsabilité exclusive à aucune des parties dans ses remarques de clôture et a évoqué l’engagement de toutes les délégations.
Guterres doit se rendre à Chypre du 27 au 29 juillet pour des rencontres avec les dirigeants chypriotes grecs et turcs et d’autres parties dans le cadre des efforts de relance du processus de paix.
Les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE ont débuté en 2005 mais sont au point mort depuis 2018 en raison de préoccupations concernant le recul démocratique, les droits fondamentaux et l’indépendance judiciaire, ainsi que le non-respect par Ankara de ses engagements douaniers envers la République de Chypre.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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