La Turquie arrête 38 personnes lors d’une troisième vague de perquisitions contre un groupe religieux
Les points importants
- Troisième vague : 38 personnes interpellées mardi en Turquie dans le cadre d’une enquête pour infractions financières visant la communauté Süleymanlılar.
- Mandats émis : 54 mandats de dépôt ont été délivrés, dont deux suspects à l’étranger, un déjà incarcéré et treize toujours recherchés.
- Contexte : ces perquisitions font suite à une première opération en août et à des années d’appels des alliés du gouvernement contre ce groupe religieux.
La police turque a interpellé mardi 38 personnes lors d’une troisième série de perquisitions dans le cadre d’une enquête sur des infractions financières présumées liées à une communauté religieuse, a annoncé le parquet général d’Ankara.
Cette communauté est communément appelée les Süleymancılar, tandis que ses membres la nomment Süleymanlılar.
Les procureurs ont émis des mandats de dépôt pour 54 personnes et ont indiqué que deux se trouvaient à l’étranger, qu’une était déjà en prison et que la police recherchait encore 13 individus.
Alihan Kuriş, qui avait été interpellé lors de la première perquisition contre le groupe puis incarcéré, est accusé par les procureurs d’avoir dirigé un réseau qui blanchissait des produits d’activités criminelles, escroquait des institutions publiques et violait la loi turque sur la procédure fiscale.
Le parquet a également demandé à un tribunal de placer 11 sociétés et quatre associations liées au groupe sous administration judiciaire.
Ces dernières perquisitions font suite à une première opération menée le 13 août dans 17 provinces.
La police a perquisitionné 43 lieux liés à des individus et 80 sites utilisés par 33 sociétés, après que les procureurs eurent émis des mandats contre 49 personnes.
Un tribunal a ensuite placé Kuriş et 31 autres personnes en détention provisoire dans l’attente de leur procès et assigné six personnes à résidence.
La police a interpellé 12 personnes de plus à İstanbul, Konya, Mersin et Muğla lors d’une deuxième vague samedi, tandis qu’une personne était toujours en fuite.
Kuriş a nié avoir dirigé un groupe criminel ou avoir participé à un blanchiment d’argent ou à une fraude.
Les Süleymanlılar font remonter leurs origines aux disciples de l’érudit islamique Süleyman Hilmi Tunahan et gèrent des cours de Coran, des foyers d’étudiants et des mosquées en Turquie et en Europe.
Ces perquisitions font suite à des années d’appels des alliés du gouvernement à agir contre ce groupe, dont l’organisation principale n’a pas soutenu le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan au pouvoir.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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