Quarante-et-une personnes ont été arrêtées lors d’opérations nationales au cours des 10 derniers jours dans le cadre de la répression continue contre le mouvement Gülen, a annoncé jeudi le ministre turc de l’Intérieur Ali Yerlikaya, rapporte le Stockholm Center for Freedom.
Yerlikaya a déclaré dans un post sur X que les personnes interpellées étaient accusées d’entretenir des contacts avec de prétendus hauts responsables du mouvement et d’avoir séjourné dans des maisons utilisées comme planques pour échapper aux arrestations. Les interpellations ont eu lieu lors de raids dans 21 provinces, dont les grandes villes comme Istanbul, Ankara et Izmir.
Vingt-cinq des détenus ont été placés en détention provisoire par les tribunaux, tandis que sept ont été libérés sous contrôle judiciaire, les procédures étant toujours en cours pour les autres.
Ces arrestations s’inscrivent dans une répression de longue durée contre les sympathisants de Fethullah Gülen, un prédicateur musulman décédé en octobre 2024 après des années d’exil aux États-Unis.
Le président Recep Tayyip Erdoğan cible les partisans du mouvement Gülen depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à s’en prendre aux membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « organisation terroriste » en mai 2016 et a intensifié la répression après une tentative de coup d’État avortée en juillet de la même année, qu’il a attribuée à Gülen. Le mouvement dément fermement toute implication dans cette tentative de putsch ou dans des activités terroristes.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Les procédures judiciaires sont en cours pour plus de 24 000 personnes, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’enquêtes près de dix ans plus tard.
Outre les milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.




