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La Turquie arrête 87 personnes parmi 223 interpellées lors des dernières opérations pour des liens présumés avec le mouvement Gülen

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Par Bosphorama

Publié le

Les autorités turques ont interpellé 223 personnes lors d’opérations policières à travers le pays au cours des 20 derniers jours pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, dont 87 ont été arrêtées, a annoncé mardi le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya.

Dans une déclaration publiée sur X, Yerlikaya a précisé que 50 des 223 interpellés ont été libérés sous contrôle judiciaire, tandis que les procédures se poursuivent pour les autres personnes en garde à vue.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le regretté prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.

Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à s’en prendre aux membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « organisation terroriste » en mai 2016 avant d’intensifier la répression suite à une tentative de coup d’État avortée en juillet de la même année – qu’il a imputée à Gülen. Ce dernier et ses sympathisants ont fermement nié toute implication dans le putsch ou toute activité terroriste, mais subissent une répression brutale depuis dix ans.

Selon le ministre, les dernières opérations policières ont été menées dans des dizaines de provinces, dont Istanbul, Ankara, Izmir, Antalya, Konya, Bursa et Gaziantep, sous la coordination des procureurs généraux et des unités anti-terroristes, de lutte contre le crime organisé et de renseignement.

Les personnes interpellées sont accusées d’avoir opéré au sein des prétendues « structures clandestines » du mouvement, d’avoir utilisé l’application de messagerie cryptée ByLock, d’avoir maintenu des contacts via des cabines téléphoniques publiques et d’avoir apporté un soutien financier via des entreprises liées au réseau.

Les fameuses « enquêtes par cabine téléphonique » se basent sur des relevés d’appels. Les procureurs affirment qu’un membre du mouvement Gülen aurait utilisé une seule cabine pour appeler tous ses contacts successivement. Sur cette base, lorsqu’un supposé membre du mouvement est identifié dans les relevés, on présume que les autres numéros appelés juste avant ou après appartiennent aussi à des personnes liées au mouvement Gülen. Les autorités ne disposent pas du contenu des appels en question. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels passés depuis la cabine.

ByLock, autrefois largement disponible en ligne, est considéré comme un outil de communication secret entre sympathisants du mouvement depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, malgré l’absence de preuves reliant les messages ByLock au putsch avorté.

Ces dernières interpellations surviennent malgré un arrêt historique de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme en septembre 2023, jugeant que l’utilisation de ByLock ne constituait pas une infraction pénale. La Grande Chambre a statué dans l’affaire de l’ancien enseignant Yüksel Yalçınkaya que le recours à l’application ByLock n’était pas en soi une infraction et ne constituait pas une preuve suffisante pour une arrestation.

Le ministre Yerlikaya a juré de poursuivre la lutte contre les sympathisants du mouvement Gülen.

Bien que Gülen et ses sympathisants aient catégoriquement nié toute implication dans le coup d’État ou des activités terroristes, la répression gouvernementale contre les membres du mouvement se poursuit aujourd’hui en Turquie et à l’étranger, avec des interpellations, arrestations et expulsions ou extraditions de sympathisants depuis des pays étrangers.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours contre plus de 24 000 individus, tandis qu’environ 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.

Outre les milliers d’emprisonnés, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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