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La Turquie bloque le compte X d’un journaliste de DW pour des motifs de sécurité nationale

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Par Bosphorama

Publié le

Les points importants

  • Blocage du compte : Les autorités turques ont bloqué le compte X du journaliste Alican Uludağ sous prétexte de sécurité nationale, en vertu de la loi sur l’Internet.
  • Critiques visées : Les publications bloquées contenaient des critiques de la répression judiciaire – arrestation d’un acteur, enquêtes contre des journalistes et municipalités, et gestion de la prétendue tentative de coup d’État de 2016.
  • Détérioration des libertés : La Turquie continue d’étouffer la liberté de la presse, avec 21 journalistes derrière les barreaux et un classement parmi les pires au monde en matière de liberté d’expression.

Les autorités turques ont bloqué l’accès au compte X du journaliste du service turc de Deutsche Welle, Alican Uludağ, pour des motifs de sécurité nationale et d’ordre public, a rapporté l’Association pour la liberté d’expression (İFÖD) dans un communiqué.

Le compte d’Uludağ et 13 publications individuelles ont été bloqués en vertu de l’article 8/A de la loi sur l’Internet n° 5651. Le compte et les publications sont actuellement inaccessibles aux utilisateurs en Turquie.

Les publications bloquées comprenaient des critiques de la détention de l’acteur Levent Üzümcü, des enquêtes pénales visant des journalistes et des municipalités dirigées par le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), ainsi que la détention provisoire de Fatoş Pınar Türker, une cadre de la municipalité métropolitaine d’Istanbul.

D’autres publications critiquaient la gestion de la tentative de coup d’État de 2016 par le chef d’état-major de l’époque, Hulusi Akar, les arrestations avant un sommet de l’OTAN, et la mort de Muhammed Kavi, un présumé membre de l’EI tué lors d’une descente de police à Ankara.

Ces restrictions sont intervenues quelques jours après qu’Uludağ a été brièvement placé en garde à vue pour une publication critiquant le système judiciaire turc, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Uludağ avait déjà été arrêté en février pour une publication sur les réseaux sociaux, accusé d’insulte envers le président Recep Tayyip Erdoğan. Il a été libéré lors de sa première audience le 21 mai, après 90 jours de détention provisoire. Son procès est en cours.

Ces restrictions ont été imposées en vertu de la loi turque sur l’Internet, qui permet aux autorités de demander le retrait d’un contenu en ligne ou d’en bloquer l’accès dans les cas urgents touchant à la sécurité nationale, à l’ordre public, à la sécurité publique, à la prévention de la criminalité, à la santé publique ou à la protection de la vie et des biens.

La Turquie fait l’objet de critiques répétées de la part des organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains pour ses restrictions à la liberté d’expression et ses pressions sur le journalisme indépendant. Les plateformes de médias sociaux sont fréquemment visées par des ordres gouvernementaux, en particulier lorsque les publications concernent de hauts responsables ou des sujets politiquement sensibles.

L’organisation américaine de surveillance de la démocratie Freedom House a classé la Turquie parmi les cinq pays accusant le plus fort déclin à long terme de la liberté sur Internet dans son rapport « 2025 Freedom on the Net ». Citant des pratiques de censure généralisées et un contrôle numérique accru au cours des quinze dernières années, l’organisation a attribué à la Turquie un score de 31 sur 100, la plaçant dans la catégorie la plus basse des 72 pays évalués.

Selon Expression Interrupted, un groupe de surveillance de la liberté de la presse, 21 journalistes sont actuellement derrière les barreaux en Turquie. La détérioration du paysage médiatique turc a également été soulignée dans l’indice mondial de la liberté de la presse 2026 publié par Reporters sans frontières (RSF), où le pays a été classé 163ᵉ sur 180 nations.

Cet article est republié du Stockholm Center for Freedom.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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