La Turquie condamne l’entrée de groupes israéliens dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa
La Turquie a condamné lundi des colons israéliens ayant pénétré dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée, brandi des drapeaux israéliens et chanté l’hymne national sous la protection de la police israélienne.
Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré que l’incident était perpétré par des groupes extrémistes israéliens et comprenait l’exhibition du drapeau israélien et le chant de «Hatikvah», l’hymne national israélien.
Des sources palestiniennes et jordaniennes ont indiqué que les colons étaient entrés dans l’enceinte dimanche par la porte des Maghrébins, l’entrée réservée aux visiteurs non-musulmans et contrôlée par les autorités israéliennes.
Selon ces rapports, le groupe a brandi des drapeaux près du Dôme du Rocher, un monument situé dans l’enceinte d’Al-Aqsa, et a entonné des chants dans les coursives.
Un groupe de surveillance basé à Jérusalem a affirmé que des vidéos montraient 10 colons exhibant 7 drapeaux israéliens avant de chanter l’hymne.
Cet incident a suscité des condamnations de la Jordanie, du Qatar et des Émirats arabes unis, dénonçant une violation du statut historique et juridique du site.
La mosquée Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’islam et fait partie d’un espace vénéré par les juifs sous le nom de mont du Temple, site le plus sacré du judaïsme.
Selon un arrangement historique appelé «status quo», les non-musulmans peuvent visiter l’enceinte à certaines heures, mais les prières juives y sont interdites.
Le site est administré par le Waqf islamique nommé par la Jordanie, tandis qu’Israël en contrôle les accès.
Le ministère turc a dénoncé une tentative de saper le statut historique et juridique de Jérusalem, particulièrement celui d’Al-Aqsa. Ces actes violent le droit international et risquent d’aggraver l’instabilité régionale.
La Turquie a appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël face à ce qu’Ankara qualifie de provocations dangereuses et de violations des lieux saints musulmans et chrétiens.
Cette déclaration intervient quelques semaines après la visite du ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben-Gvir sur le site, et après la marche de milliers de nationalistes israéliens dans la vieille ville lors du «Jour de Jérusalem», commémorant l’occupation israélienne de Jérusalem-Est en 1967.
Les Palestiniens perçoivent ces visites et marches comme des tentatives israéliennes de renforcer leur contrôle sur Jérusalem-Est, qu’ils revendiquent comme capitale d’un futur État.




