La Turquie interpelle 429 suspects lors de raids nationaux contre la cybercriminalité et saisit des biens d’une valeur de 23,5 millions de dollars
Le ministre turc de l’Intérieur Ali Yerlikaya a annoncé mardi l’interpellation de 429 suspects dans le cadre d’une série d’opérations nationales contre la cybercriminalité menées ces 10 derniers jours, impliquant des infractions telles que l’exploitation d’enfants, les paris illégaux et des fraudes en ligne à grande échelle.
Yerlikaya a précisé que 354 suspects avaient été interpellés lors de raids menés dans 35 provinces au cours de la semaine et demie écoulée, tandis que 75 autres suspects avaient été placés en garde à vue mardi lors d’une opération centrée sur Istanbul et étendue à 15 provinces.
“Siber Suçlarla Mücadele kapsamında son 10 gündür süren operasyonlarımızda 354 şüpheliyi yakaladık.”
Ayrıca bu sabah İstanbul merkezli 15 ilde yapılan operasyonumuzda da; 75 şüpheliyi yakaladık ve yakalanan şüpheli sayısı 429 oldu.
Bu kişiler aracılığıyla işlenebilecek çocuk… pic.twitter.com/X4J7Hrsci3
— Ali Yerlikaya (@AliYerlikaya) November 25, 2025
Le ministre a déclaré que ces opérations avaient permis d’éviter que des citoyens ne subissent des « préjudices matériels et émotionnels » dus à des cybercrimes comme la pornographie infantile, les escroqueries par hameçonnage et les systèmes de paris illégaux.
Selon le ministère de l’Intérieur, les opérations en cours ciblent des infractions telles que « l’exploitation et le harcèlement en ligne d’enfants », la « fraude » et les « paris illégaux ».
Au total, 117 suspects ont été arrêtés, tandis que des mesures de contrôle judiciaire ont été imposées à 93 autres. Les procédures concernant les autres personnes interpellées se poursuivent.
Les suspects sont accusés de détenir du matériel d’exploitation sexuelle d’enfants et d’avoir mis en place des systèmes frauduleux via les réseaux sociaux et des sites de phishing, utilisant des thèmes comme la location de bungalows, la vente de maisons et des prêts à faible taux d’intérêt pour tromper les victimes.
Plusieurs suspects auraient eu accès aux comptes bancaires mobiles des victimes pour obtenir des fonds illégalement, géré des plateformes de paris illégaux, facilité des transferts d’argent illicites, promu ces systèmes ou pratiqué l’usure.
Les raids ont été menés en coordination avec l’unité de cybercriminalité de la police, le Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK) et les brigades de cybercriminalité des directions provinciales de la police.
Yerlikaya a indiqué que les forces de l’ordre avaient saisi des biens d’une valeur d’environ 1,052 milliard de livres turques (23,5 millions de dollars), dont 16 entreprises, 13 résidences, 37 véhicules, 8 motos, 14 appartements, 7 commerces, 13 terrains, 447 comptes bancaires, des bijoux et autres objets de valeur.
Les autorités turques ont lancé ces derniers mois plusieurs enquêtes sur des soupçons de blanchiment d’argent, de paris illégaux et de fraudes, et ont suspendu ou saisi les activités de dizaines d’entreprises.
Ces opérations interviennent alors qu’une équipe d’évaluation du Groupe d’action financière (GAFI) devrait se rendre en Turquie ce mois-ci, près d’un an après que le pays a été retiré de la « liste grise » de l’organisation pour ses progrès dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Cinq sources ont récemment indiqué à Reuters que cette visite vise à évaluer si Ankara a maintenu les engagements qui ont conduit à son retrait de la liste. Un échec pourrait entraîner le retour de la Turquie sous surveillance renforcée, ce qui nuirait à sa réputation financière en amélioration.
Selon les sources, la délégation du GAFI prévoit des réunions du 24 au 28 novembre avec le MASAK, des banques, des prestataires de services de paiement et d’autres institutions économiques. L’examen pourrait durer jusqu’à trois semaines.
La Turquie avait été ajoutée à la liste grise en octobre 2021, peu avant que la monnaie du pays ne connaisse l’une de ses crises les plus graves, en raison d’un contrôle insuffisant des secteurs vulnérables au blanchiment d’argent, notamment bancaire et immobilier, selon l’organisme de surveillance.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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