Les forces gouvernementales syriennes prennent possession d'une base militaire des FDS en entrant dans la ville de Raqqa le 19 janvier 2026. (Photo de Bakr ALkasem / AFP)
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La Turquie met en garde contre les « provocations » alors que le PKK jure de ne pas abandonner les Kurdes syriens

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Par Bosphorama

Publié le

La Turquie a averti mardi qu’elle ne tolérerait aucune « provocation » alors que les Kurdes du pays se préparaient à manifester contre une offensive militaire visant les Kurdes en Syrie, ce qui a également provoqué la colère du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit.

Les forces syriennes ont lancé une offensive il y a près de deux semaines, repoussant les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes hors d’Alep. Ce week-end, elles ont pénétré profondément dans la zone nord-est, contrôlée par les forces kurdes depuis plus d’une décennie.

Ankara a salué cette opération comme une « lutte contre le terrorisme » légitime, mais la campagne de Damas a déclenché de vives protestations parmi les Kurdes de Turquie, qui représentent un cinquième des 86 millions d’habitants du pays.

Les violences ont soulevé de sérieux doutes quant au sort du processus de paix entre la Turquie et le PKK, dont les militants avaient annoncé l’année dernière mettre fin à leur insurrection de quatre décennies pour privilégier des moyens démocratiques dans leur combat kurde.

Ce processus est largement au point mort en raison de l’impasse en Syrie entre les FDS et Damas sur les plans d’intégration de cette force dans l’État central, déclenchant la vague de violences actuelles.

Cela a à son tour provoqué des manifestations de colère des Kurdes de Turquie.

Tôt mardi, la direction du PKK a juré qu’elle « n’abandonnerait jamais » les Kurdes de Syrie et a appelé tout son peuple à soutenir le Rojava, le nom que les Kurdes syriens donnent à la région autonome qu’ils administrent.

« Quel qu’en soit le prix, nous ne vous laisserons jamais seuls. Nous, en tant que peuple kurde dans son ensemble et en tant que mouvement, ferons tout ce qui est nécessaire », a déclaré Murat Karayılan du PKK, cité par l’agence de presse pro-kurde Fırat, accusant la Turquie et les militants de l’État islamique d’être impliqués dans les violences en Syrie.

En Turquie, le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Parti), pro-kurde et troisième force au parlement, a appelé à une manifestation à 10h00 GMT dans la ville du sud-est de Nusaybin, située juste de l’autre côté de la frontière avec la ville syrienne à majorité kurde de Qamishli.

« Surveillance méticuleuse des événements »

Le parti, qui a servi de médiateur entre Ankara et le leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, est furieux du soutien de la Turquie à l’offensive syrienne.

« Vous ne pouvez pas traiter ceux que vous appelez « citoyens » de ce côté de la frontière comme des « ennemis » de l’autre côté », a-t-il déclaré dimanche, accusant Ankara de « pure hypocrisie ».

La police a dispersé deux manifestations pro-kurdes lundi, l’une dans la ville du sud-est de Diyarbakır et l’autre devant un bureau du DEM Parti à Istanbul, où 10 personnes ont été interpellées, dont un journaliste français.

Tôt mardi, le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya a averti que la Turquie ne tolérerait aucune « provocation ».

« Nous surveillons méticuleusement, minute par minute, les récents développements en Syrie et tous les mouvements le long de notre frontière », a-t-il écrit sur X.

« Nous ne tolérerons aucune initiative, provocation ou campagne de désinformation visant à troubler la paix de notre pays. »

Wladimir van Wilgenburg, auteur, journaliste et expert des affaires kurdes syriennes, a déclaré que ces troubles risquaient de faire échouer les efforts de la Turquie pour mettre fin au conflit avec le PKK.

« Il y a un risque que cela dégénère avec des manifestations transfrontalières », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse.

« Les groupes kurdes en Syrie ont appelé les Kurdes, à la fois dans le Kurdistan irakien et dans le sud-est de la Turquie, à traverser la frontière et à les rejoindre en signe de solidarité », a-t-il ajouté.

© Agence France-Presse

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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