La Turquie nie utiliser ses troupes en Somalie pour faire pression sur l’opposition et soutenir le président
La Turquie a nié mercredi les allégations selon lesquelles elle utiliserait sa présence militaire en Somalie pour faire pression sur les groupes d’opposition et soutenir un acteur politique, après que des médias somaliens ont signalé une activité militaire turque dans le ciel de Mogadiscio lors de manifestations contre le président Hassan Sheikh Mohamud avant une échéance contestée de son mandat.
Le Centre de lutte contre la désinformation (DMM), une unité gouvernementale sous la direction de la présidence turque, a déclaré que les affirmations partagées sur les réseaux sociaux selon lesquelles la Turquie s’immiscerait dans les affaires politiques internes de la Somalie étaient « totalement infondées ».
« Le personnel militaire turc n’a absolument aucune implication dans les processus électoraux ou les dynamiques politiques internes de la Somalie », a déclaré le DMM dans un communiqué en anglais sur X.
Le DMM a affirmé que la présence turque en Somalie reposait sur une coopération avec le gouvernement fédéral somalien et visait à renforcer la sécurité, la stabilité et les institutions étatiques du pays.
Ce démenti fait suite aux allégations de médias et commentateurs somaliens selon lesquels des équipements militaires turcs auraient été utilisés pour marquer un soutien à Mohamud alors que des groupes d’opposition préparaient des manifestations dans la capitale somalienne, Mogadiscio.
Le Somali Guardian a rapporté dimanche que deux chasseurs F-16 turcs avaient survolé Mogadiscio le premier jour des manifestations d’opposition et que des véhicules blindés fournis par la Turquie avaient été déployés aux principaux carrefours de la ville. Le média a décrit cette initiative comme un signal de soutien à Mohamud quelques jours avant ce que les figures de l’opposition considèrent comme la fin de son mandat constitutionnel le 15 mai.
Les autorités turques n’ont pas directement commenté ce rapport mais ont nié que Ankara utilise ses forces militaires pour exercer une pression sur l’opposition somalienne ou soutenir un acteur politique spécifique.
La Somalie, située dans la Corne de l’Afrique, traverse une nouvelle crise politique concernant des modifications constitutionnelles et le calendrier électoral.
Selon Reuters, des figures de l’opposition et plusieurs dirigeants régionaux estiment que le mandat de Mohamud expire le 15 mai, tandis que les autorités affirment qu’il a été prolongé.

Des manifestants se sont rassemblés à Mogadiscio le 10 mai pour protester contre ce qu’ils décrivent comme une impasse électorale sous la direction de Mohamud.
Le parlement somalien a approuvé en mars des modifications constitutionnelles qui pourraient prolonger d’un an le mandat présidentiel et retarder les élections prévues. Les analystes ont alors déclaré que les effets de ces amendements restaient incertains et ne prolongeaient pas automatiquement le mandat du président actuel.
Ce différend fait suite à des troubles antérieurs au parlement. En janvier, des échauffourées et des cris ont éclaté lors d’une session parlementaire commune après que le président de l’assemblée a tenté de faire avancer des amendements constitutionnels que les députés d’opposition estimaient susceptibles de prolonger le mandat du parlement, a rapporté l’Associated Press.
La Somalie fonctionne avec une constitution provisoire depuis 2012, et les efforts pour la finaliser ont mis au jour des divisions concernant la gouvernance, le fédéralisme et le partage du pouvoir entre le gouvernement central et les États régionaux.
La Turquie est devenue l’un des partenaires étrangers les plus proches de la Somalie au cours de la dernière décennie.
Ankara a inauguré sa plus grande base militaire outre-mer à Mogadiscio en 2017 pour former des soldats somaliens. La Turquie assure également la formation des forces militaires et policières somaliennes et a construit des écoles, des hôpitaux et des infrastructures dans le pays.
En février 2024, la Turquie et la Somalie ont signé un accord de coopération en matière de défense et d’économie dans lequel la Turquie s’est engagée à aider la Somalie à renforcer sa sécurité maritime et à protéger ses eaux territoriales.
Cet accord est intervenu alors que la Somalie était engagée dans un différend avec l’Éthiopie concernant le Somaliland, une république autoproclamée qui a fait sécession en 1991 mais n’est pas reconnue comme État indépendant par la plupart des pays.
Le DMM a déclaré mercredi que la présence militaire et les activités de formation de la Turquie en Somalie visaient à restructurer l’armée nationale somalienne, moderniser les institutions de sécurité et améliorer les capacités antiterroristes.
Le centre a affirmé que la Turquie soutenait la « poursuite pacifique » du processus démocratique somalien et respectait la souveraineté du pays ainsi que la volonté du peuple somalien.
La Somalie fait face à des conflits et à une faible autorité centrale depuis la chute du dirigeant militaire Mohamed Siad Barre en 1991. Le pays continue également de lutter contre al-Shabab, un groupe militant lié à al-Qaïda qui contrôle des zones rurales et mène des attaques dans les grands centres urbains.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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