La Turquie ordonne 18 nouvelles détentions dans une répression qui s’étend à la municipalité d’Istanbul
Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d’arrêt contre 18 personnes supplémentaires dans le cadre d’une enquête pour corruption en cours sur la municipalité métropolitaine d’Istanbul (IBB), marquant le dernier développement d’une vaste investigation ayant déjà conduit à l’arrestation de nombreux maires et responsables municipaux affiliés à l’opposition, rapporte le Stockholm Center for Freedom, citant le service turc d’Euronews.
Le procureur général d’Istanbul a annoncé que cette nouvelle vague d’arrestations reposait sur des allégations de corruption, prise de pots-de-vin et truquage d’appels d’offres. Quatorze suspects ont été interpellés lors de raids matinaux, tandis que les recherches se poursuivaient pour les quatre autres, selon des responsables.
Lancée mi-mars, cette enquête cible principalement des responsables liés au Parti républicain du peuple (CHP, opposition). Le maire suspendu d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, figure majeure du CHP et candidat présidentiel de son parti pour les prochaines élections, avait été arrêté le 19 mars dans le cadre d’une enquête pour « corruption » et « appartenance à une organisation terroriste », perçue comme politiquement motivée. Son arrestation, visant le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan pour 2028, a déclenché les plus grandes manifestations en Turquie depuis dix ans.
Depuis le début de l’enquête, 97 personnes ont été arrêtées tandis que 206 autres ont été libérées sous contrôle judiciaire. Les autorités turques indiquent que 73 suspects – dont 41 en détention provisoire – ont collaboré avec les procureurs dans le cadre de la loi sur le « repentir actif », pouvant réduire les peines.
Le 26 avril, des mandats avaient été émis contre 53 personnes pour crime organisé, fraude et manipulation d’appels d’offres. Parmi les interpellés figuraient Cevat Kaya, beau-frère de l’épouse d’İmamoğlu, et Elçin Karaoğlu, directrice du département d’urbanisme du Bosphore. Dix-huit suspects avaient ensuite été inculpés.
Une troisième vague d’arrestations le 20 mai a visé des irrégularités présumées dans deux sociétés liées à l’IBB (Medya AŞ et Kültür AŞ). Vingt-deux personnes, dont le directeur de la communication Taner Çetin, ont été interpellées pour corruption. Treize ont été inculpées.
La cinquième et dernière vague, débutée le 31 mai, a touché plusieurs maires CHP de premier plan. Le 6 juillet, le maire d’Antalya Muhittin Böcek était arrêté. Deux jours plus tard, les maires d’Adana, Manavgat et le maire adjoint de Büyükçekmece subissaient le même sort. Le maire d’Adıyaman a quant à lui été placé en résidence surveillée.
Au 18 juillet, 15 maires et un maire adjoint du CHP restaient en détention, dont des figures comme les maires d’Esenyurt, Beşiktaş ou Şişli. Le maire de Şile, Özgür Kabadayı, a été le dernier arrêté le 13 juillet.
Le CHP dénonce une enquête politique. « Leur seul but est de paralyser la municipalité d’Istanbul », a déclaré Ali Mahir Başarır, chef du groupe parlementaire CHP, évoquant les arrestations de la direction de l’IBB.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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