La Turquie peut rétablir des relations normales avec Israël si les conditions à Gaza sont remplies : déclaration du ministre
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré que la Turquie pourrait rétablir des relations normales avec Israël si ce dernier cesse de tuer des Palestiniens et permet aux habitants de Gaza de recevoir des produits de première nécessité. Cette déclaration fait suite à une question sur l’appel du président américain Donald Trump exhortant Ankara à rejoindre les Accords d’Abraham avec Israël.
Fidan a affirmé à Nikkei Asia que la Turquie et Israël entretiennent des relations diplomatiques depuis 1949 et que le commerce bilatéral s’élevait à environ 10 milliards de dollars avant l’offensive militaire israélienne à Gaza.
Les Accords d’Abraham sont des traités ayant normalisé les relations entre Israël et plusieurs États arabes durant le premier mandat de Trump.
Lors d’un échange téléphonique fin mai avec des dirigeants du Moyen-Orient, Trump a pressé la Turquie et d’autres pays à majorité musulmane de rejoindre ces accords.
Fidan a rappelé que la Turquie avait clairement exigé qu’Israël « cesse de tuer des Palestiniens » et mette fin au blocage de l’accès à la nourriture, aux abris, aux médicaments et à l’eau pour les Gazaouis.
« Si ces conditions sont remplies, nous pouvons retourner à une vie normale, aucun problème », a-t-il déclaré. « Nous voulons parvenir à une solution à deux États. »
En mai 2024, la Turquie a annoncé la suspension de toutes ses exportations et importations avec Israël, précisant que cette mesure resterait en vigueur tant qu’Israël n’autoriserait pas l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Des militants pro-palestiniens ainsi qu’un expert de l’ONU ont depuis accusé Ankara de laisser perdurer des échanges commerciaux indirects et des flux pétroliers.
Fidan a également rejeté les déclarations de politiciens israéliens présentant la Turquie comme une menace stratégique potentielle.
« Dans la politique intérieure israélienne, malheureusement, ils ont besoin d’un ennemi permanent pour justifier leurs ambitions régionales », a-t-il analysé.
Le ministre a accusé Israël de rechercher davantage de territoires plutôt que la sécurité, évoquant ce qu’il qualifie d’occupations israéliennes à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie et au Liban.
Il a appelé la communauté internationale à empêcher Israël de déstabiliser davantage la région et l’ordre mondial.
Fidan a esquissé un cadre de sécurité régional où les pays s’engageraient mutuellement à respecter leur intégrité territoriale, leur souveraineté et leur sécurité.
Selon lui, une telle plateforme pourrait inclure le Pakistan, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Égypte, les pays du Golfe persique et, si les relations s’améliorent, l’Iran.
Israël pourrait également y participer s’il reconnaît un État palestinien sur la base des frontières de 1967, a précisé Fidan.
« Si ce problème est résolu, je pense que la sécurité d’Israël bénéficiera grandement du soutien des pays régionaux », a-t-il conclu.




