La Turquie pourrait participer au déminage du détroit d’Hormuz après un accord Iran-États-Unis, selon le ministre des Affaires étrangères
La Turquie pourrait envisager de participer aux opérations de déminage du détroit d’Hormuz si l’Iran et les États-Unis parviennent à un accord mettant fin à leur confrontation, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, présentant ce rôle potentiel comme une mission humanitaire plutôt qu’un soutien à l’une des parties.
S’adressant à des journalistes turcs après des discussions à Londres, Fidan a indiqué que le déminage figurait désormais parmi les principaux sujets de discussion, ce couloir maritime étant une voie majeure pour le transport d’énergie mondiale.
« Le déminage est une question humanitaire fondamentale qui sert tout le monde et ne consisterait pas à prendre parti dans un conflit. Après un accord, nous pourrions donc envisager favorablement un tel effort », a déclaré Fidan.
Le détroit d’Hormuz, un passage maritime étroit entre l’Iran et Oman, est l’une des routes énergétiques les plus importantes au monde. Environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit près d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole, transitent par ce détroit, ainsi qu’environ 19 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, selon l’Agence internationale de l’énergie. La plupart de ces cargaisons sont destinées aux marchés asiatiques, mais toute perturbation peut affecter les prix de l’énergie dans le monde entier.
Le détroit est devenu un point névralgique du conflit entre l’Iran et les États-Unis, qui a débuté avec les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février. L’Iran a répondu en fermant ou en restreignant le passage par cette voie maritime, tandis que les États-Unis ont imposé un blocus naval aux navires cherchant à utiliser les ports iraniens. Bien qu’un cessez-le-feu conditionnel soit en place, le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz reste bien inférieur aux niveaux normaux. Seuls cinq navires ont traversé le détroit en 24 heures vendredi, contre une moyenne quotidienne d’environ 140 avant le conflit.
Le danger pour la navigation ne se limite pas aux mines. L’Iran a saisi des navires près du détroit à l’aide de petites embarcations rapides, démontrant qu’il conserve la capacité de menacer le trafic maritime malgré les frappes américaines ayant endommagé une partie de sa marine. La saisie par l’Iran de deux navires porte-conteneurs près d’Hormuz a suscité des doutes quant à la rapidité avec laquelle la voie navigable pourra être rouverte au trafic commercial.
Les mines restent l’un des principaux obstacles à la réouverture du détroit. Les États-Unis ont affirmé que leur armée avait détruit 16 navires poseurs de mines iraniens près d’Hormuz en mars, tandis que le président Donald Trump a averti l’Iran de retirer toutes les mines posées dans la voie navigable. L’Iran a déployé une douzaine de mines navales dans le détroit, et des responsables américains ont averti que tout nouveau minage violerait le cessez-le-feu.
La Turquie dépend des importations d’énergie et est exposée aux chocs de prix causés par les perturbations dans le Golfe.




