La Turquie prolonge de deux ans son déploiement militaire en Somalie
Les points importants
- Prolongation de deux ans : Le Parlement turc a approuvé le déploiement des troupes en Somalie jusqu’au 27 juillet 2028, avec des pouvoirs étendus pour le président Erdoğan.
- Rôle militaire accru : Au-delà de la formation, la Turquie a déployé des chasseurs F-16 et aurait mené des frappes contre les shebabs, sans confirmation officielle turque.
- Opposition parlementaire : Des députés de l’opposition ont critiqué le manque de transparence sur les coûts, les effectifs et les risques d’engagement direct dans les combats.
Le Parlement turc a approuvé mardi soir une motion présidentielle prolongeant de deux ans, à compter du 27 juillet, le déploiement des troupes turques en Somalie.
Ankara affirme apporter son soutien à la lutte de la Somalie contre le terrorisme, la piraterie, la pêche illégale, la contrebande et d’autres menaces sécuritaires.
La motion autorise le président Recep Tayyip Erdoğan à déterminer l’effectif, la portée, le calendrier et les règles du déploiement. Les unités des forces armées turques peuvent servir dans des zones choisies conjointement par les deux pays, y compris les zones de juridiction maritime de la Somalie, et peuvent coopérer avec des pays tiers et des organisations internationales, selon le texte publié par le Parlement turc.
Cette mesure prolonge une autorisation accordée par le Parlement en juillet 2024 et restera en vigueur jusqu’au 27 juillet 2028.
Le gouvernement turc a indiqué que la Somalie avait demandé une assistance militaire dans le cadre d’un accord de coopération défensive et économique entre les deux pays.
La Turquie développe son rôle en Somalie depuis 2011 à travers des programmes diplomatiques, de développement et de sécurité. Ankara a ouvert une académie de formation militaire à Mogadiscio en 2017 et a formé et conseillé les troupes somaliennes.
Cette prolongation intervient alors que l’engagement militaire turc en Somalie a dépassé la simple formation, l’équipement et le conseil.
La Turquie a déployé des chasseurs F-16 à Mogadiscio en janvier, et le ministère somalien de la Défense a d’abord annoncé le 30 juin que les F-16 turcs avaient frappé des positions shebab dans la région de Lower Shabelle. Le ministère a affirmé qu’environ 35 militants avaient été tués et plus de 20 blessés, bien que ces chiffres n’aient pu être vérifiés de manière indépendante. Une version ultérieure de l’annonce ne faisait référence qu’au soutien de « partenaires internationaux », et les autorités turques n’ont pas confirmé publiquement que les avions avaient participé à l’opération.
Le rôle militaire croissant de la Turquie intervient également dans le contexte d’un différend au sujet de la reconnaissance d’Israël du Somaliland, la région autonome que la Somalie considère comme faisant partie de son territoire. Israël est devenu en décembre 2025 le premier État membre de l’ONU à reconnaître le Somaliland, une décision qu’Ankara a condamnée comme une ingérence dans les affaires intérieures de la Somalie. Le ministre de la Défense du Somaliland a déclaré en juin qu’Israël formait la police et l’armée de la région, mais a nié les négociations sur une base militaire israélienne. La Turquie a présenté sa présence en Somalie comme un soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du gouvernement fédéral.
Des députés de l’opposition ont remis en question le manque d’informations sur la mission lors du débat parlementaire. Le vice-président du groupe parlementaire du parti nationaliste d’opposition İYİ (Bon), Turhan Çömez, a demandé combien de troupes et quel équipement seraient envoyés, combien avaient coûté les missions précédentes et si les forces turques pourraient être entraînées dans des combats directs contre les militants shebab.
Çömez a déclaré que son parti ne soutiendrait pas la motion sans réponse. La députée du parti pro-kurde d’opposition Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples (DEM), Sevilay Çelenk, s’est également opposée à la prolongation, arguant que la sécurité devait être recherchée par la diplomatie et les institutions démocratiques plutôt que par des déploiements militaires.
Le député du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), Namık Tan, a déclaré que son parti ne s’opposait pas à la formation des forces armées reconnues de la Somalie, mais s’opposait à ce que le Parlement soit invité à approuver un déploiement basé sur un accord dont le contenu intégral n’avait pas été divulgué. Il a averti que le soutien à la Somalie ne devrait pas faire de la Turquie une partie aux combats internes ou aux différends impliquant des pays voisins.
Les députés du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), et de son allié, le Parti d’action nationaliste (MHP), ont soutenu la motion.
Cette autorisation est distincte de la mission navale turque dans le golfe d’Aden, les eaux somaliennes, la mer d’Arabie et les zones voisines. Le Parlement a prolongé cette mission d’un an en janvier.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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