La Turquie propose une médiation entre les États-Unis et le Liban concernant le Hezbollah : médias israéliens
La Turquie a proposé d’aider à médiatiser un arrangement impliquant les États-Unis, le Liban et le Hezbollah, mais Beyrouth hésite en raison des inquiétudes concernant l’influence grandissante d’Ankara, a rapporté mardi le site d’information The Jerusalem Post, citant des sources anonymes proches du dossier.
Le rapport indique que la Turquie a approché Washington et Beyrouth avec une proposition pour participer à des discussions sur le Hezbollah, le mouvement politique et groupe armé libanais qu’Israël et les États-Unis souhaitent affaiblir après des mois de combats au Liban. Le rapport précise que l’administration américaine n’a ni accepté ni rejeté l’offre.
The Jerusalem Post rapporte qu’une source a décrit la réaction du gouvernement libanais comme « peu enthousiaste », évoquant des craintes qu’un rôle turc n’ajoute une puissance extérieure supplémentaire à l’équilibre politique fragile du Liban.
Le Liban a longtemps été façonné par les interventions étrangères, le partage du pouvoir confessionnel et la présence de groupes armés, dont le Hezbollah, qui dispose d’une représentation politique et d’une branche militaire. Israël et les États-Unis poussent au désarmement du Hezbollah, tandis que le groupe et ses partisans affirment que ses armes servent à résister à l’occupation et aux attaques israéliennes.
Cette offre turque présumée intervient après des discussions directes organisées par les États-Unis entre des représentants libanais et israéliens à Washington plus tôt ce mois-ci, les premières rencontres de ce type depuis des décennies entre officiels des deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques formelles. Wafiq Safa, un responsable du Hezbollah, a déclaré que le groupe ne se sentirait pas lié par les accords conclus lors de ces discussions.
La Turquie cherche à jouer un plus grand rôle diplomatique dans plusieurs conflits impliquant Israël, notamment à Gaza, en Syrie et au Liban. Ankara souhaitait participer à une force de sécurité prévue pour Gaza après le plan en 20 points de l’ancien président américain Donald Trump, mais Israël s’est opposé à l’inclusion de troupes turques.
La Turquie a également intensifié son engagement public envers le Liban. Ankara a livré 360 tonnes d’aide humanitaire à Beyrouth la semaine dernière pour les civils déplacés par les attaques israéliennes, selon l’agence de presse publique turque Anadolu.
Anadolu précise que l’envoi comprenait des tentes, des couvertures, de la nourriture, des vêtements, des kits d’hygiène et des fournitures médicales. L’aide a été livrée via le port de Beyrouth en présence d’officiels libanais.
Plus d’un million de personnes ont été déplacées du sud du Liban et de Beyrouth depuis l’intensification des attaques israéliennes.
Cette offre présumée fait suite à une quasi-confrontation entre la Turquie et Israël en Syrie l’année dernière, lorsque des frappes israéliennes ont touché des sites que la Turquie avait évalués pour un éventuel déploiement militaire après la chute de Bachar al-Assad.
Les deux pays ont ensuite tenu des discussions techniques pour éviter des affrontements en Syrie, mais des responsables et commentateurs israéliens ont depuis présenté la Turquie comme une menace stratégique croissante, certains la décrivant comme un possible successeur de l’Iran en tant que principal adversaire régional d’Israël.




