La Turquie révoque la licence de la Banque Mellat iranienne
Les points importants
- Révocation soudaine : La Turquie retire la licence de la Banque Mellat iranienne, ciblée par les sanctions occidentales, sans lien clair avec les récentes sanctions américaines contre une banque turque.
- Contexte géopolitique tendu : Cette décision survient alors que les États-Unis intensifient leur pression financière sur l’Iran et ses intermédiaires, notamment à travers des sanctions contre des entités turques.
- Rencontre imminente Erdoğan-Trump : La décision du régulateur turc précède de quelques jours une rencontre prévue entre le président turc et Donald Trump en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.
La Turquie a révoqué la licence d’exploitation de la Banque Mellat iranienne, une institution frappée par des sanctions occidentales depuis des années, selon une décision publiée au Journal officiel samedi à l’aube.
Cette décision intervient environ deux semaines après que Washington a imposé des sanctions à une banque turque pour ses présumés liens avec le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI). On ignore si les deux actions sont liées.
L’Agence de régulation et de supervision bancaire de Turquie (BDDK) a invoqué l’article 71(b) de la loi bancaire, qui s’applique lorsque la poursuite des activités d’une banque menace les droits des déposants ou la sécurité et la stabilité du système financier.
La Banque Mellat, basée à Téhéran, apporte un soutien financier au gouvernement iranien et fait l’objet de sanctions américaines, européennes et britanniques, selon OpenSanctions, une base de données open source sur les entités sanctionnées.
Le gouvernement iranien est le principal actionnaire de la banque, selon cette base de données.
La Banque Mellat a été frappée par des sanctions occidentales en raison des accusations selon lesquelles Téhéran aurait cherché à se doter d’armes nucléaires sous le couvert d’un programme nucléaire civil.
Ces sanctions avaient été levées dans le cadre d’un accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances visant à limiter les activités nucléaires de Téhéran.
Les États-Unis se sont retirés de cet accord en mai 2018 et ont réimposé des sanctions économiques à l’Iran.
Les États-Unis et les pays du Golfe ont de nouveau sanctionné la Banque Mellat en 2019, après l’avoir identifiée comme l’une des 25 entités liées au CGRI.
Washington accentue la pression
Le département du Trésor américain a imposé des sanctions à la Golden Global Bank turque le 4 septembre pour ses présumés liens avec le CGRI, alors que Washington cherchait à accroître la pression financière sur l’Iran.
La banque d’investissement turque a nié ces accusations.
Washington a imposé des sanctions à 36 autres entités quelques jours plus tard, dont trois sociétés de services au sol turques accusées d’aider Mahan Air, une compagnie aérienne civile iranienne que les États-Unis accusent de soutenir le CGRI.
Mahan Air a annoncé cette semaine qu’elle suspendrait tous ses vols vers la Turquie à partir du 21 septembre, à la demande des responsables de l’aviation turque, a rapporté l’agence de presse iranienne ISNA.
L’autorité de l’aviation turque n’a pas répondu à une demande de commentaire.
L’Iran est en guerre depuis fin février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements qui a tué le guide suprême du pays.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a décrit la campagne de Washington comme un « D-Day économique » contre l’Iran et a mis en garde contre les conséquences pour les pays qui refuseraient de s’y joindre.
La décision du régulateur turc intervient quelques jours avant une rencontre prévue entre le président Recep Tayyip Erdoğan et le président américain Donald Trump en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui s’ouvre mardi à New York.
©Agence France-Presse




