La Turquie verrouille Ankara avec des zones rouges et 40 000 agents de sécurité pour le sommet de l’OTAN
Les autorités turques imposeront des « zones rouges » autour des aéroports, du complexe présidentiel, des itinéraires des cortèges et des hôtels des délégations, interdiront les manifestations pendant 15 jours, restreindront certains vols internationaux, renforceront les contrôles d’entrée à Ankara et déploieront 40 000 policiers et gendarmes pour le sommet de l’OTAN en juillet, selon des déclarations officielles et des médias publics.
Ces mesures sont préparées pour le 36e sommet de l’OTAN, qui rassemblera les dirigeants de l’Alliance à Ankara les 7 et 8 juillet pour des réunions au complexe présidentiel de Beştepe, résidence et bureaux du président Recep Tayyip Erdoğan.
L’agence de presse publique Anadolu a rapporté jeudi que les autorités désigneraient comme « zones rouges » les alentours de l’aéroport d’Esenboğa, l’itinéraire depuis l’aéroport militaire et protocolaire d’Etimesgut, le quartier de Söğütözü où se trouve le complexe présidentiel, les axes protocolaires et les environs des 15 hôtels accueillant les délégations.
L’accès des véhicules et des piétons à ces zones sera contrôlé, a précisé l’agence.
Les manifestations et marches seront interdites à Ankara du 1er au 15 juillet, selon Anadolu. Les autorités turques invoquent souvent des raisons de sécurité pour restreindre les rassemblements publics.
Anadolu a indiqué que 40 000 policiers et gendarmes seraient déployés pendant le sommet, avec la participation d’agents en civil à l’opération de sécurité.
Les autorités installeront des caméras de surveillance sur 100 points en complément du réseau existant de vidéoprotection urbaine, selon le rapport. Des « mesures de sécurité extraordinaires » seront appliquées à l’aéroport d’Esenboğa et ses abords, avec des restrictions sur les vols internationaux.
Les contrôles aux points d’entrée d’Ankara seront renforcés, et un dispositif spécifique sera prévu pour les programmes culturels destinés aux conjoints des dirigeants.
Anadolu a ajouté que les autorités turques partageraient des informations avec d’autres pays pour prévenir d’éventuelles protestations de personnes suivies par les services de sécurité pour des actions à l’étranger.
Le ministère de l’Intérieur a annoncé le 25 mai que le ministre Mustafa Çiftçi avait présidé une réunion sécuritaire où les mesures ont été examinées « sous tous les aspects », avec des présentations de la Direction générale de la sécurité et du Commandement général de la gendarmerie.
« Nous poursuivons méticuleusement tous nos préparatifs pour que cette réunion importante organisée par notre pays se déroule dans la paix et la sécurité », a déclaré Çiftçi, selon le ministère.
L’OTAN a précisé dans son communiqué média que le sommet serait présidé par le secrétaire général Mark Rutte au complexe de Beştepe. De nombreuses routes seront fermées les 7 et 8 juillet, et l’accès au centre média international ne sera possible que via des navettes officielles.
Le sommet impacte aussi les services publics et examens.
Une circulaire présidentielle révélée par les médias turcs impose un congé administratif du 6 au 12 juillet pour les fonctionnaires de neuf districts d’Ankara — sauf ceux mobilisés pour le sommet ou des services essentiels.
Elle interdit également d’organiser examens, colloques, cérémonies de remise de diplômes ou événements culturels pendant cette période.
L’ÖSYM a reporté au 26 juillet l’examen d’entrée à l’Académie du ministère de l’Éducation, initialement prévu le 12 juillet, et au 2 août le concours d’entrée au personnel académique.
Ce sommet d’Ankara sera le deuxième organisé par la Turquie après celui d’Istanbul en 2004. L’OTAN compte 32 membres et ses sommets définissent la politique de défense collective.




