Le chef des renseignements turcs dévoile un plan en cinq étapes pour mettre fin à l’insurrection du PKK et plaide pour un cadre légal facilitant le retour des combattants
Le directeur des renseignements turcs a présenté un plan en cinq phases visant à mettre un terme à la campagne armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit. Lors de rencontres avec les partis politiques au parlement, il a indiqué que les efforts de paix entraient dans l’avant-dernière phase avec le dépôt des armes par les combattants, soulignant la nécessité d’une nouvelle législation pour faciliter leur retour à la vie civile.
Dans le cadre des efforts du gouvernement pour élargir le soutien à cette initiative de paix, İbrahim Kalın, chef de l’Organisation nationale du renseignement (MİT), a rencontré ces derniers jours des représentants politiques pour présenter ce qu’il a qualifié de feuille de route vers une « Turquie libérée du terrorisme ».
Kalın a d’abord rencontré Devlet Bahçeli, leader du Parti d’action nationaliste (MHP), avant des discussions à huis clos avec des cadres du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, dont le vice-président Efkan Ala et le chef du groupe parlementaire Abdullah Güler. Il s’est ensuite entretenu avec Tuncer Bakırhan et Tülay Hatimoğulları, co-présidents du Parti démocratique des peuples (DEM), pro-kurde.
Le chef du renseignement a poursuivi ses consultations avec d’autres formations, dont le parti nationaliste İYİ (Bon), le Nouveau parti du chemin et une coalition de petits partis d’opposition comprenant les partis Futur, DEVA et Félicité.
Selon des informations du journaliste İsmail Saymaz de Halk TV, proche de l’opposition, Kalın a déclaré que le gouvernement s’attend à ce que les membres du PKK abandonnent complètement la lutte armée d’ici fin 2025. Il a appelé à la création d’une commission parlementaire chargée d’élaborer un cadre juridique – souvent qualifié de « loi d’amnistie » – pour faciliter la réinsertion des anciens combattants du PKK.
Ces déclarations font suite à une cérémonie médiatisée le 11 juillet à Sulaymaniyah, dans le nord de l’Irak, où 30 membres du PKK, dont des cadres supérieurs, ont détruit leurs armes lors de ce qui a été décrit comme un adieu au conflit armé. Cette initiative intervient après l’appel lancé début 2025 depuis sa prison par le leader historique du PKK Abdullah Öcalan en faveur d’une transition vers un combat politique civil.
Kalın a indiqué que le processus en était à sa quatrième phase, marquée par l’abandon public des armes, la dernière étape étant le démantèlement complet de l’organisation. Il a souligné que les combattants ayant participé à la cérémonie du 11 juillet comptaient parmi les membres les plus gradés du groupe et que certaines bases stratégiques et centres logistiques avaient déjà été évacués et sécurisés par l’État turc.
Il a affirmé aux parlementaires que des progrès significatifs avaient été accomplis sur le front sécuritaire mais insisté sur la nécessité de mettre en place rapidement des instruments juridiques.
Le chef du renseignement a déclaré que le MİT s’attendait à ce que le Parlement turc crée une voie légale permettant aux membres du groupe de rentrer en Turquie sans risque d’arrestation immédiate. Ce n’est qu’après cette étape, a-t-il dit, que les dimensions politiques et culturelles de la lutte kurde pour la reconnaissance pourront être traitées de manière significative. Il a ajouté que si l’État pourrait atteindre ses objectifs en mettant fin aux hostilités armées, les griefs historiques et politiques plus profonds subsisteront et nécessiteront un travail politique inclusif et minutieux.
Lors des rencontres, Kalın a également abordé les préoccupations concernant le nord de la Syrie. Il a écarté toute possibilité d’autonomie fédérale pour les régions sous contrôle kurde, proposant plutôt un modèle de gouvernance locale renforcée. Selon lui, le groupe kurde syrien contrôlant de vastes zones du nord-est du pays devrait s’intégrer à l’État syrien et être encouragé à trouver un arrangement avec le gouvernement de Damas.
Plusieurs parlementaires d’opposition ont interpellé Kalın sur la détention continue du politicien kurde Selahattin Demirtaş et la mise en détention provisoire du maire d’İstanbul Ekrem İmamoğlu. Ils ont argué que l’emprisonnement de figures d’opposition emblématiques sape la confiance du public dans les efforts de paix et contredit les déclarations gouvernementales en faveur d’une réconciliation nationale. Kalın a refusé de commenter ces affaires, les qualifiant de « questions politiques ».
Kalın doit rencontrer Özgür Özel, leader du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, jeudi prochain.
Les nouveaux efforts de paix ont été rendus publics en octobre 2024, lorsque Bahçeli, leader du MHP d’extrême-droite, avait appelé Öcalan à exhorter le PKK à déposer les armes. Öcalan avait répondu en février par un message appelant à la fin de l’insurrection.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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