Le CHP lance une pétition en ligne exigeant la libération du maire d’Istanbul et des élections anticipées
Le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition en Turquie, a lancé une pétition en ligne appelant à des élections anticipées et demandant la libération du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, l’une des figures d’opposition les plus en vue du pays et candidat présidentiel de son parti pour la prochaine élection.
La campagne, annoncée sur les réseaux sociaux du parti, invite les citoyens à signer sur benimimzam.net (« ma signature »), une plateforme créée par le CHP.
« Je veux mon candidat à mes côtés et l’urne devant moi ! Pour la libération de notre candidat présidentiel Ekrem İmamoğlu et pour des élections anticipées : Signez maintenant ! Il n’y a de salut que collectif, soit nous tous ensemble, soit aucun d’entre nous », a déclaré le parti dans son message.
La Turquie doit tenir ses prochaines élections générales en 2028, mais en raison d’une répression persistante contre le CHP, le parti appelle à des élections anticipées.

İmamoğlu a été arrêté le 19 mars puis rapidement placé en détention provisoire pour des accusations de corruption qualifiées de politiquement motivées. Son arrestation, perçue comme une manœuvre visant le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan pour l’élection présidentielle de 2028, a déclenché les plus importantes protestations en Turquie depuis 2013 et suscité des condamnations internationales.
Un jour avant son interpellation, l’Université d’Istanbul a annulé le diplôme universitaire d’İmamoğlu, l’empêchant de facto d’exercer ou de se présenter à une fonction publique.
Selon la loi turque, les candidats à la présidence doivent être titulaires d’un diplôme universitaire.
Il fait l’objet de multiples enquêtes et a déjà été condamné à deux reprises. Début juillet, un tribunal l’a condamné à 19 mois de prison pour insultes et menaces envers le procureur général d’Istanbul Akın Gürlek. Cette sentence fait suite à une première condamnation en décembre 2022, où İmamoğlu avait écopé de deux ans et sept mois de prison pour avoir qualifié les membres du conseil électoral suprême de « crétins ». Les verdicts sont actuellement en appel.
Si les condamnations sont confirmées en appel, İmamoğlu sera interdit d’exercer toute fonction publique.
Le CHP subit une répression sévère depuis près d’un an, ayant conduit à l’arrestation de 17 maires et de dizaines de responsables du parti.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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