Le comédien turc Deniz Göktaş de nouveau arrêté avant sa libération
Les points importants
- Libération annulée : Le comédien Deniz Göktaş, détenu depuis 56 jours, a vu sa libération ordonnée par un tribunal, puis immédiatement annulée par un autre juge.
- Nouvelle accusation : Le parquet a invoqué « l’éloge du crime et des criminels » pour le maintenir en détention, sans prévenir ses avocats.
- Satire criminalisée : Son arrestation est dénoncée comme une tentative d’étouffer la liberté d’expression et d’utiliser la détention provisoire comme punition.
Le comédien turc Deniz Göktaş a été placé en détention vendredi, quelques minutes après qu’un tribunal eut ordonné sa libération au terme de 56 jours de détention provisoire pour un spectacle de stand-up.
À 17h03, un tribunal d’Istanbul avait accepté son appel et ordonné sa remise en liberté dans l’attente de l’enquête pour insultes présumées envers le président Recep Tayyip Erdoğan et incitation à la haine, ont indiqué ses avocats.
Avant même que les autorités n’aient préparé le mandat de libération pour la prison, les procureurs l’ont fait comparaître par liaison vidéo devant un autre tribunal, pour une nouvelle accusation de « l’éloge du crime et des criminels ». Ce tribunal a ordonné son placement en détention provisoire, invoquant un risque de fuite et de destruction de preuves.
Les avocats de Göktaş ont affirmé ne pas avoir été informés de cette audience et qu’un avocat commis d’office l’a représenté. Ils ont dénoncé le fait que les procureurs aient soulevé cette nouvelle accusation quelques minutes après la décision de libération, en dehors des heures de bureau, pour le maintenir derrière les barreaux. Ils prévoient de faire appel.
Cette nouvelle affaire concerne un passage du même spectacle de 90 minutes intitulé « Ölü Deniz » (Mer Morte). Göktaş y plaisantait sur le faible coût et la facilité d’engager un tueur à gages en Turquie, et mentionnait les Daltonlar, un groupe criminel organisé lié à des meurtres et des attaques armées.
Le tribunal a estimé que ces propos faisaient l’éloge du gang, légitimaient ses crimes et rendaient les services criminels plus accessibles. Göktaş a nié avoir fait l’éloge du groupe, qualifiant la plaisanterie de critique de la criminalité et de la violence.
Göktaş, 32 ans, avait été arrêté à l’aéroport d’Istanbul le 2 juillet à son retour d’un voyage et placé en détention le lendemain. Aucun acte d’accusation n’avait été déposé vendredi. Le spectacle, mis en ligne sur YouTube le 24 juin, avait attiré 12,7 millions de vues lorsqu’un tribunal a ordonné le blocage de son accès en Turquie le 9 juillet.
Son arrestation a suscité des protestations de la part d’organisations de défense des droits, de partis d’opposition et d’artistes, qui accusent le gouvernement de criminaliser la satire et d’utiliser la détention provisoire comme une punition.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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