Le Congrès du Conseil de l’Europe exige la libération du délégué jeunesse turc après sa visite à Ankara
Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a exigé vendredi la libération d’Enes Hocaoğulları, militant LGBTQ+ de 23 ans et délégué jeunesse pour la Turquie, estimant que son procès pour un discours prononcé à Strasbourg constitue une attaque frontale contre la démocratie.
Une délégation conduite par le président Marc Cools s’est rendue à Ankara les 4 et 5 septembre, rencontrant le vice-ministre de la Justice Hurşit Yıldırım, des partis politiques, des représentants de la société civile et Hocaoğulları lui-même à la prison de Sincan. Cette mission fait suite à son arrestation le 5 août pour « diffusion publique d’informations trompeuses » après avoir critiqué la destitution de maires de l’opposition lors d’un discours devant le Congrès le 29 mars.
Dans une déclaration clôturant la visite, la délégation a affirmé : « Le lien entre le discours d’Enes Hocaoğulları, les charges retenues contre lui, ses poursuites et sa détention ne pourrait être plus clair. […] Nous devons dire clairement qu’après tous nos échanges ces deux derniers jours, nous n’avons rien entendu qui puisse justifier les poursuites pénales contre Enes Hocaoğulları pour ses paroles, ni sa détention provisoire. »
Le Congrès a souligné que les activités de Hocaoğulları en tant que délégué jeunesse et défenseur des droits humains étaient protégées par la Convention européenne des droits de l’homme. « La réponse au désaccord doit être le dialogue — pas la prison », indique le texte.
Mettant en garde contre les conséquences plus larges de cette affaire, le Congrès a déclaré que la criminalisation de la parole légitime crée un effet dissuasif sur la société. « Réduire Enes au silence, c’est réduire la jeunesse au silence — et réduire la jeunesse au silence, c’est étouffer la démocratie elle-même », a-t-il affirmé.
La délégation a remercié les autorités turques pour avoir facilité la visite, mais a qualifié la détention de Hocaoğulları de « réalité choquante ». Elle a demandé l’abandon des charges et sa libération immédiate avant son premier procès, prévu le 8 septembre.
Hocaoğulları a été interpellé à l’aéroport d’Esenboğa à Ankara le 4 août avant d’être placé en détention provisoire par un tribunal.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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