Le Conseil de l’Europe rejette la tentative de la Turquie de clore l’affaire des droits de propriété à Chypre
Les points importants
- Supervision maintenue : Le Comité des Ministres rejette la demande de la Turquie de clore l’affaire des droits de propriété des Chypriotes grecs.
- Clarification demandée : Chypre obtient le soutien pour préparer une question interprétative sur l’arrêt de la CEDH.
- Prochaine étape : L’affaire reviendra en juin, avec un vote requis pour saisir la Cour européenne.
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a rejeté la tentative de la Turquie de mettre fin à la supervision d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme concernant les droits de propriété des Chypriotes grecs, maintenant ainsi l’affaire *Chypre c. Turquie* sous monitoring international.
Les États membres ont soutenu une proposition chypriote visant à poursuivre la supervision de l’affaire lors d’une réunion du Comité des Ministres cette semaine, avec 25 voix pour, deux contre et 19 abstentions, selon le ministère chypriote des Affaires étrangères.
Cette décision signifie que le comité continuera de superviser la mise en œuvre par la Turquie de l’arrêt de la CEDH, au lieu de clore l’affaire comme Ankara l’avait demandé, et avancera vers d’éventuelles clarifications juridiques supplémentaires.
Le Comité des Ministres est chargé de superviser l’exécution des arrêts de la CEDH et de déterminer si les États membres se sont conformés aux décisions de la Convention européenne des droits de l’homme.
Le vote a également soutenu la préparation d’une question interprétative relative au paragraphe 63 de l’arrêt de satisfaction équitable de 2014 de la CEDH dans l’affaire *Chypre c. Turquie*. Chypre estime qu’une clarification est nécessaire quant à l’étendue des obligations de la Turquie en vertu de l’arrêt de la Grande Chambre de 2001, notamment en ce qui concerne les foyers et propriétés des Chypriotes grecs déplacés.
Le secrétariat du comité a été chargé de rédiger la question qui pourrait ensuite être soumise à la CEDH en vertu de l’article 46.3 de la Convention, qui permet au comité de demander des éclaircissements en cas de litige sur l’interprétation des arrêts.
Le différend découle de revendications foncières liées à l’intervention militaire turque à Chypre en 1974, qui a conduit à la division de l’île. La République de Chypre, internationalement reconnue, contrôle le sud, tandis que l’administration chypriote turque gouverne le nord.
Chypre estime qu’une clarification supplémentaire est nécessaire pour garantir une bonne exécution de l’arrêt, tandis que la Turquie s’est opposée à cette démarche, affirmant que le seuil requis pour un renvoi interprétatif n’était pas atteint et que l’affaire devait être close.
Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, a déclaré que la Turquie n’avait pas atteint son objectif. « Ce n’est pas la fin du chemin. Des efforts considérables restent nécessaires », a-t-il déclaré après la réunion.
Le dirigeant chypriote turc Tufan Erhürman a indiqué que la décision était procédurale et ne constituait pas une constatation de non-conformité de la part de la Turquie, ajoutant qu’elle n’affectait pas le statut de la Commission des biens immobiliers dans le nord de Chypre.
L’affaire devrait revenir devant le Comité des Ministres en juin prochain. Toute décision de soumettre la question interprétative à la CEDH nécessiterait une majorité qualifiée d’au moins 31 États membres.
Chypre reste divisée, le nord étant administré par les Chypriotes turcs et le sud contrôlé par les Chypriotes grecs. Des milliers de Chypriotes grecs ont été déplacés de leurs propriétés dans le nord, et la Cour européenne des droits de l’homme a rendu des arrêts constatant des violations des droits de propriété et accordant des compensations. La Commission des biens immobiliers dans le nord de Chypre traite les demandes de propriété et a été reconnue par la CEDH dans certains cas comme un recours interne.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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