Le président Recep Tayyip Erdoğan
Turquie•3 min de lecture

Le directeur d’un hôpital de Gaza exhorte Erdoğan à prendre des mesures concrètes dans une lettre ouverte

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Par Bosphorama

Publié le

Une lettre ouverte du Dr. Sahr Hamad, directeur de l’hôpital Kemal Adwan à Gaza, en appelle au président turc Recep Tayyip Erdoğan pour qu’il passe des discours aux actes en soutien aux Palestiniens.

Le texte, partagé sur X le 19 août par le journaliste palestinien Mohammad AbuTaqiya, demande à la Turquie d’aider à former un front international et islamique pour « soutenir la Palestine, son peuple et sa résistance » par des mesures concrètes.

Hamad cite un verset du Coran qui dit « Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas » et fait référence aux déclarations passées d’Erdoğan décrivant l’armée turque comme « l’armée du prophète Mahomet ». Il demande ce qu’Ankara attend alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu intensifie la guerre et les plans de déplacement, et appelle à des mesures qui feraient pression sur Israël et mettraient fin aux expulsions.

La lettre salue les initiatives turques antérieures et affirme que les Gazaouis considèrent la Turquie comme une nation fraternelle. Elle avertit qu’une défaite de Gaza remodelerait l’équilibre religieux et politique de la région.

Ankara condamne la campagne israélienne, affirme fournir une aide et pousse à la diplomatie, tout en ayant annoncé un embargo commercial.

Cependant, le gouvernement turc a fait face à des protestations et des accusations pour avoir maintenu des échanges commerciaux avec Israël tout en adoptant une rhétorique violemment anti-israélienne, le président Erdoğan accusant à plusieurs reprises Israël de « comportement génocidaire » et comparant les actions du gouvernement Netanyahu à celles de l’Allemagne nazie.

Malgré la rhétorique anti-Israël du gouvernement, les militants pro-palestiniens en Turquie font l’objet d’une surveillance étroite, beaucoup étant arrêtés simplement pour avoir manifesté contre ce qu’ils décrivent comme le maintien des échanges commerciaux du pays avec Israël.

Au moins 16 manifestants ont été arrêtés à Istanbul le mois dernier pour « insulte envers Erdoğan » après une protestation contre le 17e Salon international de l’industrie de défense (IDEF 2025), qui accueille des entreprises d’armement connues pour fournir des armes et des technologies militaires à Israël.

Israël a lancé son offensive militaire à Gaza suite à une attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a causé la mort de 1 206 personnes et la prise d’environ 250 otages.

Selon le ministère de la Santé à Gaza, l’armée israélienne a tué au moins 62 000 Palestiniens et blessé plus de 157 000 depuis le 7 octobre 2023.

Une enquête conjointe du magazine +972, Local Call et The Guardian a révélé qu’une base de données de renseignements de l’armée israélienne recensait 47 653 combattants du Hamas et du Jihad islamique palestinien (JIP). En mai, l’armée estimait qu’environ 8 900 avaient été tués, 7 330 confirmés et 1 570 probables. Comparé au bilan du ministère de la Santé de Gaza de 53 000 morts à cette époque, ces chiffres suggèrent qu’au moins 83 % des victimes étaient des civils, ou plus de 86 % si seuls les morts confirmés comme combattants sont comptés.

L’armée israélienne a confirmé l’existence de la base de données mais a ensuite déclaré que les chiffres rapportés étaient incorrects. Les responsables israéliens ont publiquement cité des bilans plus élevés de combattants et affirmé des ratios civils-combattants de 1 pour 1 ou 2 pour 1. Les médias rapportent que les estimations antérieures sur le terrain surestimaient les morts combattants et que la base de données de renseignements est le seul décompte considéré comme fiable par l’armée.

Un rapport publié par Amnesty International le 5 décembre conclut que les actions d’Israël à Gaza constituent un génocide.

L’hôpital Kemal Adwan dessert le nord de Gaza et a signalé de graves pénuries depuis le début de l’offensive israélienne. La lettre affirme que les habitants de Gaza subissent des attaques quotidiennes et appelle Erdoğan à prendre des mesures pour « encercler, arrêter et tenir pour responsables » les responsables.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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