Le ministre israélien de la Défense met en garde Erdogan contre une expansion du rôle militaire turc en Syrie
Les points importants
- Mise en garde directe : Le ministre israélien de la Défense a averti Erdogan de ne pas étendre la présence militaire turque en Syrie, sous peine d’une confrontation similaire à celle subie par l’Iran.
- Référence historique : Katz a comparé Jérusalem à Constantinople, affirmant qu’Israël est « ici pour toujours », contrairement à l’Empire ottoman conquérant.
- Tensions régionales : L’expansion turque en Syrie, notamment les bases aériennes, est perçue par Israël comme une ligne rouge, attisant les rivalités depuis la chute d’Assad.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a mis en garde le président Recep Tayyip Erdogan contre toute extension du rôle militaire turc en Syrie, lui intimant de ne pas « s’en prendre » à Israël sous peine d’une confrontation similaire à celle avec l’Iran.
Katz s’est exprimé lors d’un entretien à la conférence sur la sécurité de la chaîne israélienne Channel 14, mardi, alors que des inquiétudes grandissent en Israël quant à la possibilité que des bases turques ou des systèmes de défense antiaérienne en Syrie restreignent les opérations militaires israéliennes près du Golan occupé.
« Nous ne sommes pas l’empire chrétien en plein effondrement. Jérusalem n’est pas Constantinople, que vous avez conquise en bâtissant l’Empire ottoman, » a déclaré Katz. « Nous sommes ici pour toujours. Jérusalem est nôtre pour toujours. »
« Mon conseil à Erdogan, c’est de ne pas s’en prendre à nous et de ne pas se mettre dans la position où l’Iran s’est mis, » a‑t‑il ajouté. « Au lieu de cela, qu’il s’occupe de la Turquie et de ses propres affaires. Nous, nous veillerons à nos intérêts. »
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, sur la Turquie :
Nous ne sommes pas l’empire chrétien en plein effondrement. Jérusalem n’est pas Constantinople, que vous avez conquise en bâtissant l’Empire ottoman.
Nous sommes ici pour toujours. Jérusalem est nôtre pour toujours. Nous savons nous défendre, et nous… pic.twitter.com/iaZcUC10q1
— Clash Report (@clashreport) 28 juillet 2026
Katz semblait faire référence à la confrontation militaire entre l’Iran d’une part, Israël et les États-Unis de l’autre, qui a débuté en février. Il n’a pas développé cette comparaison.
Son analogie historique renvoie à la conquête de Constantinople, capitale de l’Empire byzantin, par les Ottomans en 1453. L’État ottoman avait été fondé plus d’un siècle auparavant.
Israël a conquis Jérusalem‑Est lors de la guerre des Six Jours en 1967, puis l’a annexée – une mesure non reconnue par la majeure partie de la communauté internationale. Israël considère la ville entière comme sa capitale, tandis que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem‑Est la capitale d’un futur État.
Ankara n’a pas réagi dans l’immédiat.
L’avertissement de Katz reflète la concurrence croissante entre la Turquie et Israël en Syrie depuis le renversement du président de longue date Bachar al‑Assad en décembre 2024.
La Turquie était un soutien majeur de l’opposition à Assad et est devenue un allié régional important du gouvernement dirigé par le président Ahmed al‑Charaa, ancien chef de Hayat Tahrir al‑Cham (HTC).
Ankara a discuté de la formation et de l’équipement des nouvelles forces armées syriennes, ainsi que de la création de centres d’entraînement dans le cadre d’un éventuel accord de défense avec Damas. Des équipes turques auraient également inspecté des bases aériennes syriennes en vue d’un éventuel déploiement, bien que la Turquie n’ait pas confirmé de projet de bases permanentes sur ces sites.
Israël considère une présence militaire turque accrue, en particulier sur des bases aériennes du centre de la Syrie, comme une menace pour sa liberté d’action dans le pays.
Les forces israéliennes ont saisi la zone tampon sous contrôle de l’ONU qui sépare la Syrie du Golan occupé après la chute d’Assad, et ont mené de vastes frappes contre des installations militaires syriennes. Israël affirme que ses opérations sont nécessaires pour empêcher que des armes et des forces hostiles ne menacent son territoire. La Syrie et la Turquie accusent Israël de violer la souveraineté syrienne.
En avril 2025, Israël a frappé plusieurs bases syriennes, notamment des installations que des équipes turques avaient inspectées en vue d’un éventuel déploiement.
Ces tensions ont conduit des responsables turcs et israéliens à tenir des discussions techniques en Azerbaïdjan afin de mettre en place un mécanisme visant à éviter des accrochages accidentels ou des malentendus entre leurs forces.
La Turquie a précisé que ces discussions ne signifiaient pas une normalisation des relations. Israël aurait indiqué à Ankara que l’établissement de bases turques près de Palmyre, dans le centre de la Syrie, franchirait une « ligne rouge ».
La Turquie a également condamné les incursions et les frappes israéliennes dans le sud de la Syrie, les qualifiant de violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.
Les relations entre la Turquie et Israël se sont fortement dégradées depuis le lancement de la guerre israélienne à Gaza en réponse aux attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.
Erdogan a accusé à plusieurs reprises le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de génocide et de crimes de guerre à Gaza. Israël dément ces accusations et accuse Erdogan de soutenir le Hamas, que la Turquie ne qualifie pas d’organisation terroriste.
La Turquie a rappelé son ambassadeur à Tel‑Aviv en novembre 2023 et a interrompu tout commerce direct avec Israël en mai 2024. Israël a également retiré ses diplomates de Turquie pour des raisons de sécurité et en raison de l’aggravation du conflit.
Un cessez‑le‑feu entré en vigueur en octobre 2025 n’a pas mis fin aux frappes israéliennes à Gaza. Au moins 73 246 Palestiniens ont été tués et 173 727 blessés au 15 juillet, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza cités par les Nations Unies.
Les attaques du Hamas du 7 octobre ont tué environ 1 200 personnes en Israël, selon les chiffres israéliens, et les militants ont pris 251 otages.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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