Le ministre turc de l’Intérieur en visite à Damas pour des discussions sur la sécurité et le retour des réfugiés
Les points importants
- Sécurité et coopération : Le ministre turc de l’Intérieur s’est rendu à Damas pour des discussions sur la sécurité, la migration et la formation policière.
- Soutien technique : La Turquie propose son aide pour la production de documents d’identité et la facilitation des visas pour les Syriens.
- Retour des réfugiés : Plus de 1,4 million de Syriens sont rentrés de Turquie depuis 2017, un processus présenté comme volontaire.
Le ministre turc de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi, s’est rendu mardi à Damas pour des entretiens avec des responsables syriens sur la sécurité, la migration, la formation policière et la gestion des catastrophes, une nouvelle étape dans le rapprochement d’Ankara avec le nouveau gouvernement syrien après la chute de Bachar el-Assad.
Çiftçi et sa délégation ont été accueillis à l’aéroport international de Damas par le vice-ministre syrien de l’Intérieur et des responsables de la Direction de la coopération internationale, a rapporté l’agence de presse publique turque Anadolu.
Çiftçi a ensuite rencontré le ministre syrien de l’Intérieur, Anas Khattab, au palais Tishreen de Damas.
La réunion a porté sur la coopération entre la Turquie et la Syrie en matière de sécurité, d’ordre public et de développement des capacités de l’État syrien, selon Anadolu.
Les deux parties ont discuté des systèmes électroniques de contrôle du trafic, de la reconnaissance des plaques d’immatriculation, de la technologie des empreintes digitales, de la production de passeports et de documents d’identité, ainsi que des équipements de sécurité.
Elles ont également évoqué la mise en place d’un réseau d’appel d’urgence et d’ambulances 112, le partage d’expériences en matière de lutte contre les stupéfiants et la formation des policiers syriens.
La délégation turque comprenait le commandant général de la gendarmerie, le général Ali Çardakcı, le chef de la police nationale, Ali Fidan, le président de la gestion des migrations, Muhammed Selami Yazıcı, et le président de l’Autorité de gestion des catastrophes et des urgences (AFAD), Ali Hamza Pehlivan.
La Syrie était représentée par le vice-ministre de l’Intérieur, Abdulqadir Tahan, le vice-ministre des Affaires administratives et financières, Basim al-Mansour, le vice-ministre des Ressources humaines, Hussam Fattouh, le directeur du département des migrations et des passeports, Osman Hilal, et d’autres responsables.
Çiftçi a déclaré après la réunion que les discussions avaient porté sur les relations entre les deux pays et leurs ministères de l’Intérieur, la coopération en matière de sécurité, le terrorisme, le trafic de drogue, la criminalité transnationale, la sécurité des frontières, la migration et les retours volontaires.
Il a indiqué que la Turquie pourrait fournir un soutien technique aux autorités syriennes pour l’impression des cartes d’identité, des permis de conduire, des passeports et des registres familiaux.
Une demande syrienne de facilitation des visas pour les Syriens souhaitant se rendre en Turquie pour des études et des échanges commerciaux a également été soulevée lors de la réunion, a précisé Çiftçi.
Çiftçi a ensuite rencontré le ministre syrien de la Gestion des catastrophes et des urgences, Raed Salih, à Damas, les deux ministres signant un protocole d’accord sur la coopération en matière de gestion des catastrophes et des urgences.
Cette visite intervient alors que la Turquie cherche à renforcer ses liens avec les nouvelles autorités syriennes, après treize ans de guerre civile et la chute du gouvernement Assad le 8 décembre 2024.
Ankara a soutenu l’opposition syrienne pendant la guerre, a accueilli des millions de Syriens ayant fui le conflit et a mené des opérations militaires dans le nord de la Syrie contre les forces kurdes qu’elle assimile au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit.
Le PKK, qui mène une insurrection contre l’État turc depuis 1984, est désigné comme une organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.
La Turquie considère les Forces démocratiques syriennes, dirigées par les Kurdes et partenaires des États-Unis contre le groupe État islamique, comme une extension du PKK.
La visite de Çiftçi intervient alors que la migration reste l’une des principales questions de la politique syrienne de la Turquie.
Çiftçi a déclaré que la Turquie continuerait à soutenir le retour volontaire, sûr, digne et ordonné des Syriens.
Il a affirmé qu’Ankara attendait du gouvernement syrien qu’il élabore des politiques favorisant et encourageant les rapatriés, et qu’il remédie aux problèmes qu’ils pourraient rencontrer, notamment en matière de sécurité et de logement.
Avec l’amélioration de la stabilité en Syrie, les retours ont pris de l’ampleur, a indiqué Çiftçi.
Il a souligné que ces retours sont importants pour la relance et la reconstruction de la Syrie, et que la Turquie continuerait à soutenir un processus fondé sur le volontariat et la sécurité.
Çiftçi a précisé que de nombreux Syriens rentrés ont perdu leurs documents d’identité, registres familiaux, titres de propriété et documents fonciers, et qu’un soutien juridique à ceux qui n’ont pas de documents encouragerait les retours.
Au total, 1 439 228 Syriens sont rentrés de Turquie depuis 2017, dont 699 225 depuis le 8 décembre 2024, a déclaré Çiftçi, ajoutant que la Turquie accueille encore 2 255 031 Syriens sous protection temporaire.
Il a insisté sur le caractère volontaire des retours. « Nous ne renvoyons de force aucun de nos frères syriens », a affirmé Çiftçi.
Le gouvernement turc fait face à des pressions intérieures concernant le nombre de Syriens dans le pays, où le retour des réfugiés est devenu un enjeu électoral et politique.
Par le passé, des organisations de défense des droits ont exprimé leurs inquiétudes quant à des retours forcés depuis la Turquie.
La Turquie affirme que l’amélioration des conditions en Syrie est nécessaire pour que les Syriens puissent rentrer, et appelle au renforcement de l’intégrité territoriale, de la reconstruction et des institutions de l’État syrien.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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