Le président syrien al-Sharaa attendu au sommet de l’OTAN à Ankara, une rencontre avec Trump envisagée : rapports
Les points importants
- Confirmation syrienne : Un responsable syrien annonce qu’al-Sharaa assistera au sommet de l’OTAN à Ankara.
- Rencontre Trump en vue : Une entrevue bilatérale entre Trump et al-Sharaa est en discussion, sans décision finale.
- Enjeux stratégiques : Ce sommet vise à aborder la sécurité du flanc sud de l’OTAN, incluant la Syrie et les tensions régionales.
Le président syrien Ahmed al-Sharaa devrait assister au sommet de l’OTAN qui se tiendra le mois prochain à Ankara, tandis qu’une rencontre avec le président américain Donald Trump en marge du sommet est à l’étude, selon des rapports citant un responsable syrien.
Rudaw English a rapporté jeudi qu’un responsable syrien a confirmé la présence d’al-Sharaa au sommet en Turquie et a indiqué qu’une rencontre avec Trump était envisagée, bien qu’« aucune décision finale n’ait été prise ».
L’agence de presse turque Anadolu a rapporté séparément qu’al-Sharaa avait été invité au sommet, mais a précisé que son agenda n’était pas encore finalisé. Anadolu a cité un responsable syrien selon lequel une possible rencontre avec Trump à Ankara était en discussion.
Cette différence est importante car l’OTAN n’a pas confirmé publiquement la participation syrienne au sommet des 7 et 8 juillet, qui se tiendra au complexe présidentiel de Beştepe à Ankara et sera présidé par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.
L’Alliance a indiqué que ce sommet réunira les dirigeants de l’OTAN pour décider des enjeux auxquels est confronté le bloc de 32 membres.
Ce sera le deuxième sommet de l’OTAN accueilli par la Turquie, après celui d’İstanbul en 2004.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré le 3 juin que Trump assisterait au sommet d’Ankara, malgré les tensions au sein de l’Alliance autour de la politique américaine envers l’Iran. Rubio a déclaré aux législateurs que ce sommet pourrait être l’un des plus importants de l’histoire de l’OTAN, car les divergences au sein de l’Alliance doivent être résolues.
Anadolu a rapporté qu’un responsable de la Maison-Blanche a indiqué qu’une visite séparée d’al-Sharaa à Washington ce week-end n’était « pas à l’ordre du jour pour le moment », mais a ajouté que Trump et al-Sharaa entretiennent « une relation solide » et peuvent se contacter en cas de besoin.
Cette possible rencontre à Ankara prolongerait un tournant dans les relations américano-syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad, dont la famille a gouverné la Syrie pendant plus de 50 ans avant d’être renversée par les forces de l’opposition en décembre 2024.
Al-Sharaa, qui dirigeait auparavant Hayat Tahrir al-Sham (HTS), un groupe islamiste ayant eu des liens avec al-Qaïda, a été nommé président de transition de la Syrie en janvier 2025 après l’effondrement du gouvernement d’Assad.
Son gouvernement cherche à obtenir un allègement des sanctions, des liens sécuritaires et des investissements étrangers alors qu’il tente de rétablir les relations avec les États occidentaux et arabes.
Trump a rencontré al-Sharaa à la Maison-Blanche en novembre 2025, la première visite d’un chef d’État syrien à la Maison-Blanche depuis l’indépendance de la Syrie en 1946.
La Syrie a également annoncé lors de cette visite qu’elle rejoignait la coalition dirigée par les États-Unis contre le groupe État islamique, bien qu’un responsable syrien ait précisé que Damas ne participait pas à la mission militaire de la coalition.
La Turquie a été l’une des principales puissances extérieures dans la Syrie post-Assad. Ankara a soutenu des groupes armés de l’opposition pendant la guerre civile syrienne et soutient depuis les nouvelles autorités à Damas, tout en les poussant à agir contre les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes.
La Turquie considère les FDS comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé désigné comme « organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux. Les FDS sont un partenaire des États-Unis contre le groupe État islamique, ce qui crée des tensions entre Ankara et Washington sur la politique syrienne.
Cette invitation intervient alors que la Turquie cherche à utiliser le sommet d’Ankara pour attirer l’attention sur le flanc sud de l’OTAN, notamment la Syrie, l’Iran, la Méditerranée orientale et les répercussions des actions militaires d’Israël dans la région.
Les médias turcs ont rapporté en mai qu’Ankara souhaitait qu’al-Sharaa et les dirigeants de plusieurs pays arabes assistent au sommet de l’OTAN, en partie pour donner de la visibilité au nouveau gouvernement syrien et envoyer un message à Israël. Certains alliés auraient émis des réserves quant à ce plan.
L’avis public de l’OTAN indique que les réunions bilatérales entre délégations ne font pas partie du programme officiel du sommet et que les détails doivent être demandés aux pays concernés.
Anadolu a indiqué qu’al-Sharaa avait également été invité au sommet du G7 à Évian, en France, du 15 au 17 juin, mais qu’on ne savait pas s’il y assisterait. Reuters a rapporté en mai, citant des sources, que la Syrie devait participer au G7 pour la première fois.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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