Le journaliste suédois Joakim Medin (Photo : MLSA)
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Le procès pour terrorisme du journaliste suédois en Turquie ajourné après une audience de trois minutes

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Par Bosphorama

Publié le

Le procès par contumace du journaliste suédois Joakim Medin, accusé de terrorisme en Turquie, a été ajourné jeudi après une brève audience à Istanbul d’environ trois minutes, a rapporté l’Association des études médiatiques et juridiques (MLSA) sur son site.

Medin, représenté par des avocats de la MLSA, est jugé pour « appartenance à une organisation terroriste armée » et « diffusion de propagande terroriste ». La troisième audience s’est tenue devant le 13e tribunal pénal d’Istanbul.

L’audience, qui devait commencer à 10 heures, a débuté avec une heure de retard et n’a duré que trois minutes avant que le tribunal ne l’ajourne pour permettre de combler les lacunes procédurales du dossier.

L’avocate de la MLSA, Hazal Didare Sümeli, a demandé au tribunal d’attendre la réponse à une demande d’audition de Medin dans le pays où il se trouve actuellement et de fournir à la défense un rapport d’examen numérique. Le procureur a également demandé que les lacunes du dossier soient résolues.

L’audience a été suivie par un membre suédois du Parlement européen, le député d’Istanbul du Parti démocratique des peuples pour l’égalité (DEM Parti), Celal Fırat, un représentant de l’Association des éditeurs suédois, le représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie Erol Önderoğlu, l’avocate du Syndicat des journalistes turcs (TGS) Elif Ergin et un observateur de l’organisation journalistique indépendante Platform 24 (P24).

Le tribunal a décidé d’attendre la réponse concernant le témoignage de Medin à l’étranger et a ajourné le procès au 1er octobre.

Medin avait été arrêté à l’aéroport d’Istanbul le 27 mars après son arrivée en Turquie pour couvrir les manifestations déclenchées par l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, candidat à la présidentielle du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP). Il avait été placé en détention le lendemain.

Les autorités turques ont préparé deux actes d’accusation distincts contre Medin, l’un pour « insulte au président » et l’autre pour appartenance présumée à une organisation terroriste armée. Il a été condamné à 11 mois et 20 jours de prison dans le procès pour insulte.

Bien qu’un tribunal ait ordonné sa libération dans cette affaire, Medin était toujours détenu à la prison de Silivri à Istanbul en raison de l’autre procès pour terrorisme. Il a finalement été libéré après 50 jours de détention provisoire suite à une objection déposée par la MLSA.

L’affaire pour terrorisme comprend également une accusation supplémentaire de diffusion de propagande terroriste.

L’acte d’accusation cite les publications sur les réseaux sociaux, les reportages et les livres de Medin comme preuves contre lui. Les procureurs affirment que dans des articles publiés par le journal suédois Dagens ETC, Medin a cherché à légitimer le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les Unités de protection du peuple (YPG) et leurs structures affiliées.

La Turquie considère les YPG comme une extension du PKK, désigné comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.

L’acte d’accusation mentionne également que Medin a interviewé des dirigeants de ces organisations, s’est concentré sur le nord de la Syrie et est entré et sorti de Turquie plus de 20 fois depuis 2015. Son livre « La révolution kurde et la lutte contre Daech » a également été cité parmi les preuves.

Medin a nié les accusations dans ses déclarations aux procureurs et au tribunal, affirmant qu’il exerçait son travail journalistique et que ses publications sur les réseaux sociaux visaient à informer le public.

Le rédacteur en chef de Dagens ETC, Andreas Gustavsson, a déclaré précédemment que Medin était accusé pour son journalisme.

« Joakim n’est pas un criminel, encore moins un terroriste », a déclaré Gustavsson en avril. Il a ajouté que les autorités turques semblaient chercher à présenter le reportage de Medin sur la Turquie comme une activité terroriste, qualifiant cette allégation d’ »absurde ».

En mai 2025, le Parlement européen a demandé la libération immédiate et inconditionnelle de Medin, affirmant que la liberté de la presse est un droit fondamental et une valeur centrale de l’UE. Cet appel est intervenu alors que les députés européens condamnaient également la répression des manifestations suite à l’arrestation d’İmamoğlu.

La Turquie a été secouée par des manifestations de grande ampleur après l’arrestation le 19 mars d’İmamoğlu, considéré comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan. La police a arrêté près de 2000 personnes, dont des journalistes, pendant les manifestations. Parmi eux figuraient le correspondant de la BBC Mark Lowen, expulsé pour « menace à l’ordre public », et le photographe de l’AFP Yasin Akgül, arrêté puis libéré sous contrôle judiciaire.

RSF classe la Turquie au 163e rang sur 180 pays dans son Classement mondial de la liberté de la presse 2026.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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