Les autorités turques arrêtent les pères de lycéennes poursuivies dans le tristement célèbre « procès des filles »
Les autorités turques ont arrêté mardi les pères de plusieurs adolescentes accusées dans le très critiqué « procès des filles » pour leurs prétendus liens avec le mouvement Gülen, un groupe confessionnel inspiré par le regretté clerc Fethullah Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant le site d’information TR724.
Au total, 11 personnes ont été interpellées à Istanbul, dont cinq ont été placées en détention provisoire après leur comparution devant le tribunal. Cinq autres ont été libérées sous contrôle judiciaire, avec l’obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat local. Un détenu a été libéré sans conditions. Les suspects sont accusés d’avoir socialisé avec d’autres personnes liées au mouvement Gülen, et particulièrement avec des individus licenciés par décret-loi après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016. Ils sont également accusés d’avoir « organisé des activités éducatives » pour les enfants de familles affiliées au mouvement.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen depuis que des enquêtes pour corruption révélées en 2013 ont impliqué l’ex-premier ministre Erdoğan ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de « coup d’État güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à persécuter les membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « organisation terroriste » en mai 2016 avant d’intensifier la répression suite au putsch avorté de juillet 2016 qu’il attribue à Fethullah Gülen. Le mouvement dément fermement toute implication dans cette tentative de coup d’État ou dans des activités terroristes.
Le procès des filles concerne 41 accusés, dont 14 adolescentes, poursuivies pour leurs prétendus liens avec le mouvement Gülen. Les jeunes filles ont été interpellées sans accès à des avocats ou à leurs parents, et auraient subi des menaces en garde à vue.
Les procureurs ont argué que des activités ordinaires des accusées – comme participer à des groupes d’étude du Coran, prier, organiser des séances de tutorat, jouer au bowling ou partager des repas – prouvaient leur appartenance à une organisation terroriste, citant plus de 100 « actes terroristes » de ce type dans l’acte d’accusation.
Le tribunal a validé l’acte d’accusation le 8 juillet 2024.
Ce procès suscite des critiques internationales pour avoir transformé des activités religieuses et éducatives routinières en preuves de terrorisme, s’inscrivant dans une vaste répression contre les personnes accusées de liens avec le mouvement Gülen.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les lois antiterroristes turques pour leurs définitions vagues et leur utilisation contre les dissidents politiques, journalistes et membres de la société civile.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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