Les bureaux d’Ankara d’une fondation religieuse anti-gouvernementale fermés pour activités illégales présumées
Les autorités turques ont scellé mardi le siège d’Ankara et trois bureaux locaux de la Fondation Furkan, un groupe religieux opposé au gouvernement, en raison d’allégations d’exploitation d’établissements sociaux non autorisés, selon l’agence Demirören (DHA).
La Direction des fondations d’Ankara accuse l’Association d’éducation et de recherche Furkan, liée à la fondation dirigée par le prédicateur islamique controversé Alparslan Kuytul, d’avoir géré des lieux de sociabilité sans licence dans les districts de Sincan, Şentepe et Ulus. Les autorités ont imposé une amende et ordonné la fermeture de quatre sites, dont le siège du groupe à Ankara.
Cette décision a provoqué des heurts entre la police et les sympathisants de la fondation, rassemblés devant le siège pour protester. Après la fermeture des bureaux, le groupe a marché vers le Monument de la Victoire à Ulus, poursuivant sa manifestation sous surveillance policière.
Devant le monument, Kuytul a dénoncé des fermetures motivées politiquement : « Cette décision, justifiée par le prétexte de locaux sociaux non autorisés et de prétendue consommation d’alcool, n’est qu’une couverture pour tromper le public. Tout le monde sait qu’aucun lieu affilié au mouvement Furkan ne permet la consommation d’alcool ».
Kuytul a qualifié ces fermetures d’« arbitraires, motivées politiquement et mal intentionnées ».
La Fondation Furkan subit des mesures similaires dans diverses provinces depuis des années, ses membres y voyant une campagne gouvernementale contre les voix religieuses dissidentes.
Kuytul, critique virulent du président Recep Tayyip Erdoğan, a un passé judiciaire chargé. Libéré sous contrôle judiciaire en juin 2023 après son arrestation liée à l’enlèvement d’un homme d’affaires à Adana, il rejette les accusations d’extorsion et torture comme étant politiques.
En 2018, Kuytul fut emprisonné pour avoir critiqué l’intervention turque en Syrie et l’offensive d’Afrin. Acquitté en 2020, les membres de Furkan subissent toujours des raids policiers.
Kuytul affirme être persécuté pour ses critiques du gouvernement Erdoğan, notamment sa condamnation de la répression contre le mouvement Gülen – que le pouvoir accuse sans preuve d’avoir fomenté le putsch de 2016. Les observateurs dénoncent l’utilisation de cette tentative de coup d’État pour réprimer toute dissidence.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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