Le vice-président turc Cevdet Yılmaz, à gauche, serre la main du Premier ministre arménien Nikol Pachinian en marge du sommet de la Communauté politique européenne à Erevan le 4 mai 2026. (Photo : X)
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Les élections arméniennes à venir mettent en péril le rapprochement avec la Turquie

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Par Bosphorama

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Les élections législatives arméniennes du 7 juin sont devenues un référendum sur les efforts du Premier ministre Nikol Pachinian pour normaliser les relations avec la Turquie via des ouvertures frontalières, des liaisons ferroviaires et des échanges commerciaux directs après des décennies de conflit lié au Haut-Karabakh.

Le résultat du scrutin pourrait façonner non seulement l’avenir politique de l’Arménie mais aussi les projets de transport régionaux et les efforts d’Erevan pour réduire sa dépendance envers la Russie et approfondir ses liens avec les pays occidentaux.

Le processus de normalisation a pris de l’ampleur ce mois-ci après que Pachinian a annoncé la réouverture d’une liaison ferroviaire vers la Turquie via la Géorgie pour les importations et exportations arméniennes, qualifiant cela de « développement majeur » pour l’économie du pays.

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Öncü Keçeli a également déclaré qu’Ankara avait finalisé les préparatifs techniques pour un commerce direct avec l’Arménie dans le cadre du processus de normalisation lancé en 2022. Il a ajouté que les travaux techniques sur la réouverture de la frontière commune se poursuivaient.

Pachinian a ensuite déclaré que l’Arménie commencerait la rénovation de la ligne ferroviaire Gyumri-Akhurik-Akyaka la reliant à la Turquie, des travaux ayant déjà débuté côté turc.

Le dirigeant arménien a présenté ces projets comme faisant partie d’un effort plus large pour rouvrir les frontières fermées de l’Arménie et connecter le pays aux routes commerciales régionales après des années d’isolement.

La Turquie a fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993 pendant la première guerre du Karabakh en soutien à l’Azerbaïdjan, son allié et partenaire politique proche. Les relations entre Ankara et Erevan sont restées gelées pendant des décennies malgré plusieurs tentatives infructueuses de normalisation.

Pachinian et son parti Contrat Civil ont axé leur campagne sur des promesses de paix, de développement économique et de connectivité régionale, affirmant que la sécurité de l’Arménie ne peut plus dépendre uniquement de la Russie.

Son gouvernement présente de plus en plus la normalisation avec la Turquie et l’Azerbaïdjan comme nécessaire pour l’avenir économique de l’Arménie et sa stabilité à long terme après que l’Azerbaïdjan a repris le contrôle du Haut-Karabakh en 2023.

L’offensive azerbaïdjanaise a mis fin à trois décennies de domination séparatiste arménienne dans la région et déclenché le départ de plus de 100 000 Arméniens ethniques, creusant les divisions politiques en Arménie.

Pachinian a depuis plaidé que l’Arménie devrait se concentrer sur les frontières internationalement reconnues de la république arménienne moderne plutôt que sur des revendications nationalistes historiques liées à des territoires dans l’est de la Turquie parfois décrits par les nationalistes arméniens comme « l’Arménie occidentale ».

Ce virage a suscité des critiques de groupes d’opposition, d’anciens dirigeants et de parties de la diaspora arménienne, accusant Pachinian de faire des concessions à l’Azerbaïdjan et à la Turquie au détriment de l’identité et de la sécurité nationales arméniennes.

L’ancien président Robert Kotcharian et d’autres figures de l’opposition ont fait campagne contre les politiques de normalisation de Pachinian, arguant que des liens plus étroits avec la Turquie et l’Azerbaïdjan pourraient rendre l’Arménie plus vulnérable tout en affaiblissant les relations avec la Russie, le partenaire traditionnel de sécurité du pays.

Certains partis d’opposition ont également appelé à rétablir des liens plus étroits avec Moscou et à ralentir la coopération croissante de l’Arménie avec les pays occidentaux.

La période de campagne a révélé de profondes tensions en Arménie, avec des manifestations, des arrestations et des confrontations impliquant des partisans de l’opposition, des Arméniens ethniques ayant fui le Haut-Karabakh après l’offensive azerbaïdjanaise de 2023 et d’autres critiques de Pachinian.

Lors d’un récent événement de campagne à Erevan, des manifestants ont confronté Pachinian au sujet de la guerre du Karabakh de 2020 et l’ont accusé de trahir le pays. Des groupes de défense des droits humains et des observateurs électoraux ont ensuite critiqué plusieurs détentions liées à des événements de campagne et appelé à des enquêtes indépendantes.

Les tensions ont également augmenté le mois dernier après que des manifestants ont brûlé un drapeau turc lors d’une marche à Erevan. Pachinian a condamné cet acte comme une « provocation ».

Malgré les critiques, les sondages placent toujours Pachinian devant ses rivaux, bien que de nombreux électeurs restent indécis.

Des sondages récents cités par des médias arméniens montrent un soutien à Contrat Civil variant entre 25 et 32%, tandis que les partis d’opposition restent fragmentés entre plusieurs alliances concurrentes et petits partis.

L’élection est également suivie de près par les gouvernements étrangers.

Les États-Unis et l’Union européenne considèrent largement Pachinian comme un partenaire pouvant faire avancer les pourparlers de paix avec l’Azerbaïdjan et aider à réduire l’influence russe dans le Caucase du Sud.

Pendant ce temps, la Russie observe avec méfiance le rapprochement croissant de l’Arménie avec l’Occident. Moscou conserve une influence significative sur le secteur énergétique, le commerce et les institutions de sécurité de l’Arménie malgré des relations de plus en plus tendues avec le gouvernement de Pachinian.

La Turquie a soutenu le processus de normalisation mais a coordonné son approche étroitement avec l’Azerbaïdjan, dont l’alliance avec Ankara reste centrale dans la diplomatie régionale.

Le scrutin du 7 juin est largement perçu comme un choix entre la poursuite des efforts pour rouvrir les frontières et les liaisons de transport avec la Turquie ou un retour vers une orientation politique plus nationaliste et pro-russe.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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