Les États-Unis informent officiellement la Turquie du décès de l’érudit islamique Gülen
Le décès de l’érudit islamique turc Fethullah Gülen aux États-Unis l’année dernière a été officiellement confirmé par des canaux diplomatiques, selon des documents envoyés par le département d’État américain aux autorités turques, a rapporté l’agence de presse publique Anadolu.
Gülen, dont le mouvement inspiré par la foi fait face à une répression massive menée par le gouvernement depuis près d’une décennie, vivait en exil auto-imposé dans la petite ville de Saylorsburg, en Pennsylvanie, depuis la fin des années 1990. Son certificat de décès indique le 20 octobre 2024 comme date officielle du décès et confirme l’hôpital St. Luke’s Monroe Campus comme lieu. Il avait 83 ans.
Le document, reçu par le ministère turc des Affaires étrangères et transmis aux ministères de la Justice et de l’Intérieur, a entraîné l’enregistrement officiel du décès de Gülen dans le système national d’état civil turc. Les autorités ont également inscrit l’acte de décès dans les registres de population du pays, une formalité administrative nécessaire pour clore les procédures juridiques.
Les procédures judiciaires liées à son décès devraient suivre le protocole standard. Bien que les poursuites pénales en cours contre lui en Turquie soient susceptibles d’être classées après son décès, les demandes d’indemnisation civiles pourraient se poursuivre, toute responsabilité financière incombant potentiellement à ses héritiers légaux.
Selon les registres officiels, les frères et sœurs survivants de Gülen et ses héritiers légaux sont Mesih Gülen, Salih Gülen, Kutbettin Gülen et Fazilet Korucuk.
Au cours de la dernière décennie, Gülen et son mouvement, autrefois salués par le gouvernement turc pour leurs activités dans les domaines de l’éducation et du dialogue interreligieux et interculturel, ont été accusés par le gouvernement d’avoir orchestré les enquêtes pour corruption en 2013 et une tentative de coup d’État en juillet 2016.
Le gouvernement turc a qualifié Gülen et son mouvement d’ »Organisation terroriste » en mai 2016.
Gülen et ses sympathisants ont fermement nié toute implication dans le coup d’État ou dans des activités terroristes, mais ils font l’objet d’une répression sévère depuis dix ans, qui s’est intensifiée après le putsch avorté.
Après la tentative de coup d’État, la Turquie a demandé à plusieurs reprises que Gülen soit extradé ou poursuivi aux États-Unis. Les responsables turcs se sont souvent plaints que le gouvernement américain n’a que peu fait avec ce que la Turquie présente comme 85 boîtes de preuves à l’encontre du prédicateur qu’elle a transmises.
Il s’est avéré que les boîtes de preuves envoyées par la Turquie aux États-Unis contenaient de nombreux articles de journaux proches du président Recep Tayyip Erdoğan et de son parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), et n’ont pas été considérées comme des preuves par les autorités américaines.
Des responsables américains ont déclaré par le passé que des agents du ministère de la Justice américain avaient consacré des centaines d’heures à examiner les preuves, mais qu’elles ne répondaient pas aux normes permettant d’obtenir l’extradition de Gülen devant un tribunal américain.
Le coup d’État manqué a fait 251 morts et blessé plus d’un millier de personnes. Après avoir annoncé le lendemain matin que le coup d’État avait été réprimé, le gouvernement turc a immédiatement lancé une vaste purge visant des officiers militaires, des juges, des policiers, des enseignants et d’autres fonctionnaires, aboutissant au licenciement de plus de 130 000 agents publics et de plus de 24 000 militaires.
Selon une déclaration du ministre de la Justice Yılmaz Tunç avant le huitième anniversaire de la tentative de coup d’État en juillet dernier, un total de 705 172 personnes ont été interrogées depuis le coup d’État manqué pour des accusations liées au terrorisme ou au coup d’État en raison de leurs liens présumés avec le mouvement. Tunç a déclaré à l’époque que 13 251 personnes étaient en prison dans le cadre de détentions provisoires ou condamnées pour terrorisme dans des procès liés au mouvement Gülen.
Ces chiffres sont supposés avoir augmenté depuis, les opérations visant les sympathisants du mouvement Gülen se poursuivant sans relâche. Erdoğan et plusieurs ministres ont déclaré à plusieurs reprises qu’il n’y aurait aucun « relâchement » dans la lutte contre le mouvement après la mort du religieux.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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